La Guinée équatoriale revendique la présidence de la CPLP

CPLP : Malabo veut la présidence, au nom d’un consensus qu’elle ne pratique guère

La Guinée équatoriale veut prendre la présidence de la CPLP en invoquant le consensus. Une exigence diplomatique difficile à concilier avec les pratiques autoritaires du régime Obiang.

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La Guinée équatoriale affiche son ambition de prendre prochainement les rênes de la Communauté des pays de langue portugaise. Malabo réclame, pour le processus de désignation, neutralité, transparence et consensus. Une exigence qui contraste avec les critiques récurrentes visant la gouvernance politique du pays.

Par OLBIF

La Guinée équatoriale veut désormais présider la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP). Malabo a officiellement fait connaître sa disponibilité pour assumer cette responsabilité, par la voix de son ministre d’État chargé des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et de la Diaspora.

Le pouvoir équato-guinéen confisqué par le vieux dictateur Obiang et sa bande, insiste toutefois sur les conditions dans lesquelles cette succession devrait être organisée. Selon sa communication propagande, les consultations entre États membres doivent se dérouler dans un cadre marqué par la « neutralité », la « transparence » et le « respect du consensus ».

Malabo invoque la transparence

La position annoncée par les autorités équato-guinéennes ne manque pas de susciter des interrogations. Ce régime dictatorial entend désormais se présenter comme un défenseur des règles consensuelles au sein d’une organisation internationale dont la vocation repose notamment sur le dialogue entre États partageant la langue portugaise.

La demande de neutralité et de transparence intervient pourtant dans un pays où les mécanismes politiques et institutionnels sont régulièrement critiqués par les défenseurs des droits humains et de la démocratie. La concentration du pouvoir autour de la présidence, la longévité du système politique et les accusations de népotisme et de mauvaise gouvernance alimentent depuis des années les interrogations sur la crédibilité démocratique du régime.

Une candidature qui devra convaincre

La Guinée équatoriale a rejoint la CPLP en 2014, devenant le neuvième État membre de l’organisation. Depuis, Malabo cherche à renforcer sa place au sein de cette communauté qui réunit des pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique latine.

La présidence de la CPLP représente donc un enjeu diplomatique important pour le pouvoir équato-guinéen. Elle offrirait à Malabo une visibilité accrue sur la scène internationale et une nouvelle occasion de mettre en avant sa diplomatie.

Mais une présidence ne se résume pas à un titre. Elle suppose une capacité à défendre le dialogue, le compromis et les principes communs de l’organisation. C’est précisément sur ce terrain que la candidature équato-guinéenne risque d’être observée avec attention.

Le paradoxe d’un régime qui réclame ce qu’il peine à garantir

En demandant que le processus de désignation soit transparent et consensuel, Malabo pose des principes qui devraient, en théorie, dépasser les seules échéances diplomatiques. La question est donc moins de savoir si la Guinée équatoriale est prête à occuper la présidence de la CPLP que de déterminer quelle conception de la gouvernance elle entend promouvoir à cette occasion.

Pour le pouvoir d’Obiang Nguema, cette candidature constitue une nouvelle bataille diplomatique. Pour ses détracteurs, elle offre surtout un paradoxe : celui d’un régime accusé de verrouiller la vie politique intérieure qui revendique, sur la scène internationale, les vertus du consensus et de la transparence.

La décision finale des États membres permettra de mesurer jusqu’où cette ambition diplomatique peut aller. En attendant, Malabo devra convaincre au-delà de ses propres déclarations : la présidence de la CPLP se gagne dans les actes, pas seulement dans les communiqués.

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