
Afrique Centrale sous le regard de l’ONU: Progrès institutionnels et défis sécuritaires et financiers persistants
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L’Afrique centrale a fait l’objet d’un examen approfondi par le Conseil de sécurité des Nations unies, où les quinze ambassadeurs ont été briefés par Abdou Abarry, le représentant spécial du secrétaire général pour la région. Dans son rapport semestriel, l’émissaire de l’ONU a souligné des avancées significatives tout en alertant sur des défis majeurs, notamment l’insécurité persistante et les impacts du manque de financement de l’organisation.
Par OLBIF
Le rapport d’Abdou Abarry a mis en avant plusieurs motifs de satisfaction pour l’ONU. Le retour à l’ordre constitutionnel au Tchad et au Gabon a été salué, bien que l’organisation reste vigilante quant à la mise en œuvre de la décentralisation et du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) au Tchad, ainsi qu’à la réforme du système judiciaire au Gabon.
Un «satisfecit» a également été accordé à la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC). Les Nations unies se sont félicitées des récents développements institutionnels de la CEEAC et du lancement de sa zone de libre-échange en août 2025, marquant une étape importante vers l’intégration régionale. Enfin, le rapport a applaudi les efforts des pays de la région engagés dans des démarches multilatérales.
Persistance de l’insécurité et des conflits
Malgré ces avancées, le rapport déplore une insécurité qui continue de dominer dans plusieurs zones. Le bassin du lac Tchad et la région des Grands Lacs restent des foyers de préoccupation majeurs. L’ONU a notamment dénoncé les attaques de drones chargés d’explosifs par les groupes affiliés à Boko Haram dans le bassin du lac Tchad et a plaidé pour le maintien de la force multinationale mixte, qui a été contrainte de quitter le Niger.
Le conflit persistant entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo (RDC) a également été constaté par les Nations unies, qui continuent de soutenir les initiatives de paix en cours. Par ailleurs, un point d’alerte spécifique a été émis concernant le Cameroun, où l’ONU note le «danger de la désinformation massive».
Alerte budgétaire et conséquences humanitaires
Un des points d’inquiétude majeurs soulevés par Abdou Abarry concerne le manque de financement auquel fait face l’ONU, en raison de sa crise budgétaire. Le représentant spécial a mis en garde contre les impacts attendus de ces «manquements budgétaires», qui pourraient aggraver la situation humanitaire dans les zones où les Nations unies prennent en charge des réfugiés, notamment ceux ayant fui le Soudan. Cette contrainte financière risque de compromettre la capacité de l’organisation à répondre aux besoins croissants dans une région déjà fragilisée.
En somme, le rapport semestriel des Nations unies dresse un tableau contrasté de l’Afrique centrale. Des progrès institutionnels encourageants côtoient une insécurité tenace, des conflits régionaux persistants et une menace financière qui pourrait exacerber les crises humanitaires.







