Guinée Equatoriale : Malabo transforme la sortie de 47 otages du régime en spectacle de bienfaisance

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Sous le ciel lourd de Mongomo, le clan Obiang orchestre ce 16 mars une mise en scène macabre pour blanchir son image. Quarante-sept victimes de l’arbitraire, broyées par la sinistre « Opération Nettoyage », sont jetées en pâture aux caméras sous prétexte de réinsertion. Entre les murs d’Oveng Ansem et les dorures du tribunal, la dictature tente de transformer un déni de justice en acte de magnanimité.

Par OLBIF

Ce lundi 16 mars 2026, dès 10h00, le hall principal d’Angón, à Mongomo, se transforme en scène de théâtre pour une « cérémonie de libération » qui frise l’insulte. Le régime, fidèle à ses méthodes de saturation médiatique, invite les familles à venir applaudir la fin d’un calvaire qu’il a lui-même instauré. Comme le rapporte la gazette servile Haora EG, ces 47 détenus sont les rescapés de la tristement célèbre « Opération Nettoyage ».

Pour nous, journalistes libres, ce terme de « nettoyage » n’est pas une procédure judiciaire, c’est une métaphore de l’épuration sociale. En science politique, Hannah Arendt nous rappelait que la terreur est l’essence de la domination totalitaire. Ici, on ne nettoie pas la rue du crime, on nettoie la société de ceux qui ne courbent pas l’échine devant le « Dieu » de Malabo.

L’arbitraire gravé dans le marbre : sentence 73/2025

Le vernis légaliste utilisé par les valets du palais ne trompe personne. Selon les chiffres officiels relayés par notre source, ces libérations découlent de la sentence numéro 73/2025, validée par l’ordonnance 12/2026. Mais quel droit est appliqué dans une juridiction comme celle de Bioko Norte, où le juge n’est qu’un instrument de la volonté du Prince ?

Le « juge » Neftalí Nguema Mba, dont le patronyme trahit l’appartenance à la caste privilégiée, ose inviter les familles à « participer activement à l’événement et à soutenir la réinsertion ». Quelle audace ! Comme dit le proverbe chez nous : « On ne peut pas brûler la case d’un homme et lui demander ensuite de vous remercier pour la fumée qui le réchauffe. »

« Les détenus sont restés à la prison de haute sécurité d’Oveng Ansem, où ils ont purgé leur peine de manière sûre et contrôlée », affirme sans ciller la source.

« Sûre et contrôlée » ? Parlons plutôt de l’enfer d’Oveng Ansem. Une prison de haute sécurité en Guinée équatoriale est rarement un lieu de villégiature juridique. C’est un trou noir où les droits de l’homme s’évaporent au profit du « contrôle » absolu de la dissidence.

Une Sous-Région en Miroir

Ce qui se passe à Malabo n’est que le reflet d’une gangrène qui ronge toute l’Afrique Centrale. Du Cameroun au Gabon, les intérêts du peuple sont sacrifiés sur l’autel de la survie des dynasties. L’enrichissement illicite de la clique d’Obiang, alors que le panier de la ménagère est vide, est une insulte à la sociologie de la misère que nous observons chaque jour. Max Weber définissait l’État par le monopole de la violence légitime ; en zone CEMAC, c’est trop souvent le monopole de la violence illégitime pour un profit privé.

La réinsertion ou la surveillance ?

Le juge Nguema Mba insiste sur le fait que cette mascarade vise à « accompagner les condamnés lors de leur retour à la liberté ». Mais quelle liberté ? Celle de retourner dans un pays où la parole est un crime ? La réinsertion dans une communauté exsangue n’est qu’une autre forme de surveillance à ciel ouvert.

Le régime de Malabo, champion du népotisme, utilise ces 47 noms pour envoyer un message à la communauté internationale. Mais le peuple, lui, n’oublie pas le traumatisme de l’arrestation, le silence des cellules et le mépris des «amis» du pouvoir qui s’engraissent sur les ressources pétrolières.

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