En Guinée équatoriale, le régime tente de contrôler l’économie des créateurs de contenu

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Alors que le clan au pouvoir s’enfonce dans une crise économique sans précédent, Teodorín Obiang tente de séduire la jeunesse en promettant la monétisation des contenus numériques. Derrière les discours technocratiques sur PayPal et la propriété intellectuelle, cette manœuvre ne semble être qu’une nouvelle façade pour masquer l’asphyxie financière du pays et tenter de capter le contrôle d’un secteur encore libre.

Par OLBIF

Mardi dernier, le Palais a réuni sa cour habituelle, Premier ministre aux ordres, banquiers dociles et responsables des télécommunications, pour une énième séance de travail sur la « monétisation des créateurs de contenu ». Sous la direction de Teodorin, l’objectif affiché est de permettre aux artistes et influenceurs équato-guinéens de s’intégrer à l’économie numérique mondiale.

Pour les observateurs avertis, le décalage entre la réalité du pays et cette ambition est saisissant. Comment parler de « paiement international » et d’intégration aux plateformes comme PayPal dans un pays où l’accès à Internet est l’un des plus lents, des plus censurés et des plus coûteux de la sous-région ? Le régime, dont la gestion calamiteuse a réduit le pouvoir d’achat à peau de chagrin, tente désormais de se donner le beau rôle en jouant les mécènes de la culture.

Le contrôle plutôt que l’émancipation

Au-delà de la rhétorique sur la protection des droits d’auteur, l’inquiétude est de mise. En exigeant un rapport sur la propriété intellectuelle et en orchestrant la venue d’acteurs financiers internationaux, la galaxie Obiang ne cherche pas tant à favoriser l’épanouissement des talents qu’à renforcer son emprise sur les nouveaux vecteurs d’expression. Dans un système où le népotisme est la règle, toute nouvelle manne financière est systématiquement détournée pour engraisser la machine de propagande du Parti Démocratique de Guinée Équatoriale (PDGE).

La volonté de « protéger les auteurs » sonne creux dans une dictature où les journalistes indépendants, les écrivains critiques et les artistes qui refusent de chanter les louanges du régime sont systématiquement bâillonnés, menacés ou poussés à l’exil.

Une goutte d’eau dans un océan de mépris

La culture et la créativité, comme le prétend le fils du dictateur, seraient « indissociables de l’économie nationale » ? Une affirmation ironique venant d’un pouvoir qui a pillé les richesses du sous-sol pour bâtir des cités fantômes tandis que la majorité de la population vit dans une misère noire.

En tentant de transformer les créateurs de contenu en maillons de son économie de façade, le régime espère sans doute créer une génération d’influenceurs dociles, rémunérés pour magnifier une réalité qui n’existe pas. Mais les jeunes Équato-guinéens ne sont pas dupes : avant de vouloir monétiser leurs idées, qu’ils commencent par rendre aux citoyens la liberté de parole que ce régime leur confisque quotidiennement. Tant que la peur et la corruption resteront les piliers de la gouvernance à Malabo, ces promesses numériques ne resteront qu’un écran de fumée de plus.

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