
Sécurité en Afrique Centrale : Le bal des oligarques et des galonnés à Yaoundé
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Sous prétexte de traquer la criminalité dans le golfe de Guinée, la Commission de la CEEAC et le régime de Yaoundé ont orchestré une nouvelle comédie diplomatique le 15 mai dernier. Fidèles aux directives autoritaires d’Obiang Nguema, les bureaucrates de la sous-région s’agitent pour sécuriser les frontières de leurs privilèges, loin, très loin des aspirations démocratiques des peuples opprimés.
Par Ernest Nchama
Le bal des tyrans locaux se poursuit dans une Afrique Centrale asphyxiée par la dictature. Ce vendredi 15 mai, Joseph Beti Assomo, le gérant des affaires militaires de l’inamovible régime de Paul Biya, a accordé une audience au chef de la Commission de la CEEAC, Ezéchiel Nibigira. Officiellement, la rencontre visait à introduire la nouvelle équipe de l’institution et à disserter sur la « sécurité régionale ». En réalité, ces régimes à bout de souffle cherchent une énième fois à mutualiser leurs forces pour sanctuariser leurs privilèges face au mécontentement populaire.
Cette réunion n’est que le prolongement des sombres messes basses tenues en janvier 2026 sous la présidence de Teodoro Obiang Nguema. Le despote de Malabo, champion du népotisme et de la prédation des ressources en Guinée équatoriale, avait alors dicté les orientations de cette CEEAC qui ne brille que par son inefficacité chronique au service des oligarchies familiales.
Le Golfe de Guinée : Protéger les pétrodollars de l’élite
Le cœur des discussions a porté sur la sécurisation du golfe de Guinée. Une priorité hautement stratégique, non pas pour les citoyens de la sous-région, mais pour les clans au pouvoir qui tirent l’essentiel de leur fortune de l’exploitation opaque des hydrocarbures. Pour donner une illusion de sérieux, Nibigira s’est déplacé avec une impressionnante suite de galonnés, parmi lesquels Marcel Mapangou Moussadji, Audace Nduwumunsi et Emmanuel Bell Bell.
Pendant que ces apparatchiks échangent des sourires de façade et des cadeaux symboliques dans les salons feutrés de Yaoundé, la réalité des populations de la zone maritime reste celle de la misère, de la corruption systémique et de l’absence totale de libertés fondamentales. Les prétendus « mécanismes de prévention des conflits » vantés par les communiqués officiels servent d’abord à museler l’opposition interne et à pérenniser des systèmes dynastiques.
L’illusion de l’intégration sous les bottes
La rencontre s’est achevée par les habituelles congratulations d’usage et la promesse d’une « nouvelle dynamique axée sur les résultats ». Pourtant, tant que la CEEAC sera pilotée par les lieutenants de dictateurs corrompus comme Obiang ou Biya, l’intégration sous-régionale restera un mirage. La véritable sécurité de l’Afrique Centrale ne naîtra pas de l’échange d’informations entre polices politiques, mais d’une transition démocratique radicale capable de restituer aux peuples leur dignité et la gestion de leurs propres richesses.









