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Réunis à Douala, de jeunes scientifiques d’Afrique centrale veulent renforcer la recherche africaine et défendre les forêts du bassin du Congo face aux logiques de prédation et aux politiques inefficaces.
Pendant que les oligarchies corrompus et les régimes autocratiques d’Afrique centrale excellent dans le bradage des richesses nationales et l’oppression de leurs peuples, la science souveraine tente de reprendre ses droits.
Par OLBIF
Du 23 au 25 septembre 2026, la ville de Douala, au Cameroun, a abrité les journées scientifiques sur les forêts d’Afrique centrale. Cet événement a mobilisé une centaine de chercheurs originaires du Cameroun, du Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo (RDC), de la République centrafricaine (RCA), du Burundi, du Tchad et du Gabon. Organisées conjointement par l’initiative One Forest Vision (OFVI), le Réseau de recherche sur les forêts d’Afrique centrale (R2FAC) et le programme RESSAC, ces assises ont mis en lumière l’expertise d’une nouvelle génération déterminée à protéger le deuxième poumon forestier de la planète.
Loin des compromissions politiciennes qui gangrènent les palais présidentiels de la sous-région, ces intellectuels entendent combler un vide historique. Alors que les écosystèmes amazoniens ou asiatiques captent l’essentiel de la littérature scientifique mondiale, la recherche sur le Bassin du Congo a longtemps été étouffée par le manque de volonté politique et l’indifférence des dirigeants. Pour inverser cette tendance, ces trois jours de réflexion ont permis de tisser des passerelles indispensables entre jeunes chercheurs et scientifiques seniors. Comme l’a souligné Richard Sufo Kankeu, chercheur et coordonnateur du programme RESSAC à Landscape Alliance, cet encadrement permet non seulement de transmettre l’expérience, mais aussi d’ouvrir de nouvelles thématiques ancrées dans les réalités locales. Abondant dans le même sens, le directeur régional du Cirad pour l’Afrique centrale, Patrick Jagoret, a rappelé l’urgence absolue de structurer un collectif panafricain pour pallier la faiblesse chronique des travaux documentés sur la zone.
Cette reconquête des savoirs refuse de s’isoler dans les tours d’ivoire académiques et s’invite directement sur le terrain économique. En associant les acteurs privés aux réflexions, les chercheurs démontrent que la science doit cesser d’être ignorée par les profiteurs du système pour devenir un boussole d’orientation stratégique. Richard Sufo l’a illustré à travers l’exemple probant des travaux menés en République démocratique du Congo sur la qualité du bois. En permettant d’identifier précisément les zones forestières aux essences les plus structurées et valorisables, la recherche offre au marché des repères rigoureux, loin de l’anarchie forestière tolérée par des administrations laxistes ou prédatrices.
Au terme de ces travaux, la dynamique enclenchée à Douala ne compte pas faiblir. La publication prochaine d’un compte-rendu exhaustif, la mise en ligne des présentations et la diffusion des enseignements auprès des médias nationaux et régionaux visent à éveiller les consciences. Face à des États faillis incapables de protéger l’intérêt général, seule l’alliance de la rigueur scientifique, de la jeunesse et de l’exigence panafricaine permettra de préserver l’avenir du Bassin du Congo.