
À la Cité de la Paix, le régime d’Obiang célèbre 46 ans de «liberté» sous l’ombre de la répression
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Le régime de Malabo a fièrement organisé une démonstration de force militaire dimanche dernier, commémorant le 46ème anniversaire du coup d’État qui a porté Obiang Nguema Mbasogo au pouvoir. Un événement que le Bureau de presse et d’information de la Guinée équatoriale a rapporté avec faste, en soulignant que le couple présidentiel, a présidé la cérémonie. Cette grand-messe, à la «Cité de la Paix» de Djibloho, a célébré l’incorporation de 107 nouveaux militaires, dont le rôle, loin de servir la nation, semble être de renforcer un appareil de sécurité qui maintient la famille au pouvoir depuis près d’un demi-siècle.
Par OLBIF
Cette parade de pouvoir, rehaussée par la présence de l’omniprésent couple présidentiel, est une illustration parfaite de la nature népotiste du régime. Alors que la population peine à subvenir à ses besoins malgré les immenses richesses pétrolières du pays, la famille régnante se met en scène dans un défilé de décrets et d’honneurs. La lecture des Ordres Ministériels et des Décrets Présidentiels, présentée par une litanie de directeurs et de hauts fonctionnaires, démontre l’hyper-centralisation d’un pouvoir qui ne tolère aucune alternative. Le clou de cette triste mise en scène est sans doute la présence du Vice-président de son père, plus connu sous le nom de Teodorin, qui incarne à lui seul la mal gouvernance et les scandales d’enrichissement illicite qui font la honte de notre pays sur la scène internationale.
L’incohérence entre le discours officiel et la réalité a d’ailleurs été palpable, même au sein de l’événement. Dans son discours de bienvenue aux nouveaux militaires, le ministre de la Défense, Victoriano Nsue Okomo, a appelé les soldats à l’honneur et à la discipline, tout en reconnaissant, selon le Bureau de presse et d’information, le «comportement de certains militaires qui considèrent l’uniforme comme un instrument d’intimidation de la population et de crimes de toutes sortes». Une confession involontaire et révélatrice : le ministre dénonce un mal qui est l’essence même du système qu’il sert. L’intimidation et la criminalité ne sont pas des dérives isolées, mais des outils de contrôle utilisés par un régime qui, après 46 ans, n’a plus rien à offrir à son peuple, si ce n’est une répression constante.
En attendant, la «Cité de la Paix» a accueilli des ambassadeurs, des chefs religieux et des hauts responsables qui, par leur présence, ont cautionné un régime qui a confisqué l’État pour ses propres intérêts. Au-delà des médailles décernées aux meilleurs élèves et des serments d’allégeance, la cérémonie n’est qu’un rappel cruel du coût humain et économique de 46 années de pouvoir familial.







