Étudiants équato-guinéens sélectionnés pour un programme de Huawei en Chine

Opération de séduction à Malabo : Quand le régime d’Obiang et Huawei instrumentalisent la jeunesse équato-guinéenne

Dix étudiants partiront en Chine dans le cadre d’un programme de Huawei. Le régime Obiang présente cette initiative comme un investissement dans l’avenir, alors qu’il abandonne l’éducation et transforme la technologie en instrument de propagande et de contrôle.

Share your love

Sous le prétexte fallacieux du développement technologique, le régime de Malabo s’est encore offert une parade de communication cette semaine. Dix étudiants ont été sélectionnés pour un stage de dix jours en Chine sponsorisé par le géant Huawei. Une goutte d’eau dans un océan d’incompétence et de délabrement éducatif qu’un gouvernement prédateur tente désespérément de faire passer pour une stratégie d’avenir.

Par OLBIF

Une mise en scène ministérielle pour habiller la misère éducative
Dans les locaux de l’administration des télécommunications à Malabo, la bureaucratie du pouvoir a déroulé son rituel habituel de mise en scène. Entouré des envoyés de la firme chinoise Huawei et de hauts cadres des établissements publics de façade, Celesdonio Nguema, modeste exécutant portant le titre de directeur général, a distribué discours et certificats pour célébrer le départ imminent de dix jeunes vers Shenzhen.

Présenté en grande pompe par le bureau de propagande du palais comme la preuve d’un engagement stratégique pour l’avenir, ce voyage pour la quatrième édition du programme « Semences pour l’Avenir » relève en réalité de la simple cosmétique. Faire miroiter dix jours de formation sur la 5G et l’intelligence artificielle à une poignée d’étudiants de l’INSTTIC et de l’AAUCA ne saurait masquer l’état catastrophique de notre système d’enseignement, méthodiquement abandonné par une clique au pouvoir qui préfère dilapider les rentes de l’État dans son enrichissement personnel plutôt que dans des universités de rang mondial.

Pékin et la tyrannie : L’alliance des intérêts contre le peuple

L’entente parfaite entre les officiels du régime et la multinationale chinoise illustre la dérive de notre souveraineté numérique. Pendant que les représentants de Huawei vantent la création d’opportunités de carrière, les fonctionnaires de la dictature répètent des slogans creux sur la numérisation de l’État. Mais de quelle numérisation parle-t-on dans un pays où le moindre droit politique est bafoué, où la liberté d’expression est traquée sur internet et où le pouvoir utilise la technologie non pas pour émanciper, mais pour contrôler ?

De la Thaïlande à l’Afrique Centrale, ces programmes de responsabilité sociétale servent de couverture idéale pour les régimes autocratiques en quête de légitimité. En s’abritant derrière le talent et l’enthousiasme de ces dix jeunes, légitimement désireux d’apprendre, le gouvernement d’Obiang tente de redorer son blason terni par des décennies d’oppression et de népotisme.

Une jeunesse prise au piège de la propagande

Si l’on ne peut reprocher à ces étudiants de saisir l’opportunité de se former à l’étranger, il reste tragique de voir leur avenir confisqué par un système qui ne leur offrira aucun débouché démocratique ou professionnel indépendant à leur retour. De retour au pays, ces talents se heurteront rapidement au mur de la corruption institutionnalisée et au manque criant d’infrastructures de base.

L’Afrique Centrale n’a pas besoin de parodies de méritocratie organisées par des ministères fantoches pour plaire aux partenaires étrangers. Tant que le pouvoir de Malabo refusera d’investir massivement et de manière transparente dans la formation de l’ensemble de sa jeunesse, les voyages d’affaires à Shenzhen resteront ce qu’ils ont toujours été : un écran de fumée politique destiné à masquer le vide absolu d’un régime en fin de règne.

Comparte tu aprecio
RadioMacuto
RadioMacuto
Artículos: 1433

Actualizaciones del boletín

Introduce tu dirección de correo electrónico para suscribirte a nuestro boletín

Deja un comentario

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *