La tragédie de Rinaldi : Quand l’ombre sinistre du régime de Malabo plane sur le Gabon

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L’affaire du petit Rinaldi Abagha Ngoua, un enfant enlevé au Gabon il y a cinq ans, a pris un tournant judiciaire, mais la tragédie demeure intacte. Tandis que des coupables présumés ont été condamnés, le silence des principaux accusés et le sort de l’enfant restent entiers. Mais le plus troublant, selon le média gabonais Gabon Review, est que l’enquête pointe désormais une piste directe vers la Guinée Équatoriale, et l’ombre d’une «personnalité influente» de notre régime népotiste. C’est une nouvelle preuve, si besoin était, que la mal-gouvernance et le mépris de la loi de Malabo n’ont pas de frontières.

Par OLBIF

Comme le rapporte le Gabon Review dans un article rendu public le 1er aout dernier, le procès à Oyem a été le théâtre d’une révélation choquante. Un complice présumé, Rodrigue Allogo Assoumou, a brisé l’omerta en avouant sa participation à l’enlèvement et en évoquant un transfert de l’enfant vers un certain «Alejandro» basé chez nous, en Guinée Équatoriale. Une déclaration venue étayer les témoignages d’autres personnes impliquées. L’avocat de la défense, Me Hugues Boguikouma, cité par la source, a même plaidé pour que ce «M. Alexandre Ovono» soit auditionné. Alors que les principaux coupables se sont murés dans un silence assourdissant, laissant la mère éplorée, Ida Maïcha Mete Abagha, clamer avec douleur : « Je ne veux pas d’argent. Je veux savoir où est mon enfant ».

Cette «hypothèse équato-guinéenne troublante«, comme l’appelle le média gabonais, n’a rien de surprenant pour nous, les citoyens guinéens qui subissons depuis des décennies la gangrène de la corruption et de l’impunité. Dans un pays où l’enrichissement illicite et le népotisme sont la règle, où la justice est une farce, il est d’une terrible logique qu’un crime aussi odieux que l’enlèvement d’enfant puisse trouver refuge et protection. L’idée qu’une «personnalité influente» puisse être impliquée dans une telle affaire n’est pas une spéculation : c’est l’extension naturelle d’un système où l’élite se croit au-dessus des lois, même les plus fondamentales de l’humanité.

Le procès a mis fin aux procédures judiciaires au Gabon, mais le combat de la mère n’est pas terminé. La «piste équato-guinéenne» évoquée est un terrible miroir pour notre pays. Elle pose une question dérangeante : jusqu’où s’étendent les ramifications de la corruption du régime de Malabo ? Et surtout, notre gouvernement aura-t-il le courage de collaborer avec la justice gabonaise pour faire éclater la vérité, ou le silence de ses dirigeants fera-t-il écho à celui des coupables qui se sont tus à la barre ?

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