UNOCA : Mohamed El-Amine Souef hérite d’une région riche en pétrole mais ruinée par ses dirigeants

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Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a nommé le Comorien Mohamed El-Amine Souef à la tête du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA). Ce diplomate chevronné succède au Nigérien Abdou Abarry. Il s’installe aux commandes d’une région minée par des régimes autocratiques corrompus, où la parodie démocratique et l’oppression des peuples sont érigées en mode de gouvernance.

Par OLBIF

Une nouvelle fois, les Nations Unies tentent de jeter un pont diplomatique au-dessus de la pétaudière politique qu’est devenue l’Afrique Centrale. Le Comorien Mohamed El-Amine Souef vient d’être propulsé au poste de représentant spécial pour la sous-région, prenant simultanément les rênes de l’UNOCA. Si l’ONU affiche ce changement de visage avec l’optimisme protocolaire d’usage, l’ampleur du désastre démocratique qui l’attend dans cette zone géographique s’apparente à un véritable travail d’Hercule.

Sur le papier, le successeur d’Abdou Abarry aligne un pedigree impressionnant. Mohamed El-Amine Souef revendique plus de 35 ans d’expérience dans les arcanes des affaires étrangères et des opérations de maintien de la paix. Récemment encore, depuis mars 2025, il gérait les dossiers stratégiques de la Commission de l’Union africaine (UA) en tant que chef de cabinet. Ses précédents passages dans les bourbiers de la Somalie, du Mali avec la MINUSMA, ou du Darfour avec la MINUAD, prouvent qu’il est un habitué des crises aiguës.

Pourtant, le défi qui l’attend en Afrique Centrale est d’une tout autre nature. M. Souef ne débarque pas sur un champ de bataille conventionnel, mais dans un sanctuaire de tyrans et de dynasties corrompues. À Malabo, le clan d’Obiang Nguema pille les ressources pétrolières depuis près d’un demi-siècle, maintenant la population dans une misère moyenâgeuse tout en traquant la moindre voix dissidente. Au Cameroun voisin, une gérontocratie pétrifiée refuse toute transition démocratique. De Libreville à Ndjamena, la sous-région est devenue le laboratoire des coups d’État constitutionnels et du népotisme décomplexé.

Le nouveau promu devra choisir sa méthode : perpétuer la politique des «visites de courtoisie» inutiles qui légitiment ces dictateurs, ou engager un bras de fer nécessaire pour le respect des droits humains. Le premier test de sa crédibilité sera sa capacité à ne pas se laisser aveugler par les tapis rouges des palais présidentiels. Pour l’UNOCA, l’enjeu n’est plus seulement de publier des communiqués lénifiants, mais d’acter que l’oppression des peuples de la CEMAC par leurs propres gouvernants est la principale menace pour la stabilité et l’avenir de la région.

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