
Malabo : Le bal des illusionnistes entre Pékin et les potentats locaux
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Sous le vernis d’une coopération sino-africaine prétendument « transformatrice », la cinquième table ronde UCESA–Chine s’est tenue à Malabo ce 12 mai. Derrière les concepts de diversification et d’inclusion numérique, le régime d’Obiang et ses pairs d’Afrique Centrale tentent de masquer une réalité amère, une dépendance accrue envers le géant asiatique pour maintenir à flot des systèmes autocratiques à bout de souffle.
Par OLBIF
L’odeur de l’encens diplomatique a envahi Malabo. Pour la première fois sur le sol africain, l’Union des Conseils Économiques et Sociaux d’Afrique (UCESA) et son homologue chinois ont posé leurs valises chez le doyen des dictateurs mondiaux. Le thème, pompeux à souhait, promettait une « transformation structurelle » de l’Afrique. Mais à Radio Macuto, nous connaissons la musique, plus le titre de la conférence est long, plus le vide des résultats pour le citoyen lambda est abyssal.
Des mots creux pour des ventres vides
Pendant que les représentants de Pékin et les fonctionnaires zélés du clan Obiang discutaient de « connectivité » et d’« intelligence artificielle », le peuple équato-guinéen, lui, cherche toujours la connectivité de base : l’accès à l’eau potable et à l’électricité stable.
Le communiqué officiel, véritable pièce de poésie bureaucratique, nous parle de :
— Diversification économique : Un vœu pieux dans un pays où la manne pétrolière est confisquée par une poignée d’individus.
— Création de valeur locale : Difficile à croire quand la majorité des grands chantiers sont livrés clés en main par des entreprises chinoises utilisant leur propre main-d’œuvre.
— Transfert de technologie : En réalité, un transfert massif de dettes qui hypothéquera les générations futures.
Le club des oppresseurs en séminaire
Voir les conseils économiques de la sous-région se réunir sous les «auspices» d’Obiang Nguema est une insulte à l’intelligence. Comment parler d’« inclusion numérique » dans des pays où le premier réflexe du pouvoir, à la moindre contestation, est de couper l’accès à Internet ou de surveiller les réseaux sociaux grâce aux outils… fournis par la Chine ?
L’autre «grand moment» de cette mascarade fut la signature d’un protocole d’accord entre le Conseil économique du Maroc et celui de Guinée Équatoriale. Une énième signature de papier qui ne changera rien au quotidien de ceux qui croupissent dans les quartiers précaires de Malabo ou de Bata, loin des salons climatisés du Centre de Conférences de Sipopo.
Une dépendance qui ne dit pas son nom
La Chine ne cherche pas des partenaires, elle cherche des débouchés et des ressources. En face, nos dirigeants ne cherchent pas le développement, ils cherchent des financements sans conditions de droits de l’homme pour bétonner leur fauteuil. Ce n’est pas une table ronde, c’est un marché de dupes.
Cette réunion se veut une «nouvelle étape«. Effectivement, c’est une étape de plus dans la vente à la découpe de notre souveraineté. La transformation structurelle dont ils parlent n’est qu’un ravalement de façade pour un système népotiste qui refuse de mourir. La véritable inclusion ne sera ni numérique ni chinoise ; elle sera démocratique ou elle ne sera pas.







