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Pendant que la population équato-guinéenne survit dans un dénuement total, privé d’accès aux soins de base et d’une alimentation décente, le clan au pouvoir s’improvise généreux. À Malabo, Teodorin Obiang vient de décider l’envoi d’une aide humanitaire vers le Venezuela, préférant soigner son image à l’international plutôt que de répondre à l’urgence sociale qui frappe ses propres citoyens dans une indifférence cynique.
Par OLBIF
Une générosité qui masque le dénuement national
Il est des ironies qui ne trompent personne. Alors que les hôpitaux nationaux manquent cruellement de médicaments essentiels et que la précarité alimentaire devient le quotidien de milliers de familles, le « vice-président » a ordonné ce vendredi, depuis son Palais du Peuple, la constitution d’un convoi d’urgence à destination du Venezuela. Cette opération, orchestrée par le Comité d’urgence sanitaire, vise à envoyer des kits alimentaires et des produits pharmaceutiques à Caracas, suite à de récents séismes.
Pour le clan Obiang, cette manœuvre diplomatique n’est qu’une affaire de façade. En invoquant une prétendue « réciprocité » avec le régime vénézuélien, les maîtres de Malabo cherchent surtout à consolider leurs alliances avec d’autres gouvernements autoritaires, experts en survie politique et en répression des libertés.
L’art de détourner l’attention
La réunion présidée par Teodorin Obiang a été le théâtre d’une mise en scène habituelle. Entre deux directives sur l’envoi de cargaisons à l’étranger, le fils du dictateur a trouvé le temps d’exhorter les membres du gouvernement à « redoubler d’efforts » pour le bien du peuple équato-guinéen. Une déclaration qui provoque le rire jaune de ceux qui, chaque jour, subissent la faillite des services publics et la corruption endémique d’une élite qui se sert sur les richesses du pays.
Il est fascinant de constater avec quelle célérité l’administration peut mobiliser des ressources et coordonner des ministères dès qu’il s’agit d’une opération de communication internationale. Cette réactivité est pourtant aux antipodes de l’inertie méprisante dont font preuve les autorités lorsque la population réclame des salaires décents, de l’eau potable ou une éducation digne de ce nom.
Une chute sans gloire
Le convoi, prévu pour la semaine prochaine, emportera avec lui une partie des ressources dont nos compatriotes auraient un besoin vital. Le régime continue ainsi son jeu favori : exporter une image de bienfaisance vers les capitales amies tout en maintenant son propre peuple dans une prison à ciel ouvert. Mais que le clan se rassure : offrir des médicaments aux uns ne soignera jamais la gangrène de la corruption qui ronge le système Obiang. La solidarité commence par le respect de ses propres citoyens ; une leçon que cette caste de privilégiés ne sera jamais capable d’apprendre.