
Malabo et l’avenue Foch : Quand la honte d’un régime s’invite à La Haye
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La Cour internationale de Justice (CIJ) a été le théâtre, ce mardi 15 juillet, d’une nouvelle manœuvre ahurissante du régime de Malabo. Devant la plus haute instance judiciaire des Nations Unies, la Guinée équatoriale a osé dénoncer une prétendue « ingérence » de la France, après la saisie du tristement célèbre hôtel particulier de Teodorin Obiang à Paris. Une démarche qui frise l’indécence pour un peuple asphyxié par la corruption de ses dirigeants.
Par OLBIF
Le 42, avenue Foch, dans le chic 16e arrondissement de Paris, n’est pas qu’un simple bâtiment. Ses 106 pièces somptueuses, sa discothèque privée et son hammam sont devenus le symbole criant de l’opulence scandaleuse d’une élite qui pille sans vergogne les richesses de son pays. Estimé à 107 millions d’euros, cet immeuble de prestige a été la propriété de Teodoro Nguema Obiang Mangue, dit « Teodorin », le fils du dictateur et actuel vice-président de la Guinée équatoriale. Il a été saisi en 2012, puis confisqué en 2020, après la condamnation définitive de Teodorin Obiang, le 28 juillet 2021, par la justice française pour des faits d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, de blanchiment d’argent et de détournement de fonds publics. Des crimes avérés, commis avec l’argent du peuple équatoguinéen, pendant que la majorité de la population peine à accéder aux services de base.
C’est dans ce contexte que la Guinée équatoriale, dirigée d’une main de fer par la famille Obiang depuis des décennies, s’est présentée devant la CIJ à La Haye. Le but de cette pitoyable comédie juridique ? Récupérer ce palais parisien et empêcher sa vente potentielle par l’État français. Le régime de Malabo, avec une audace déconcertante, fonde sa demande sur la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC) du 31 octobre 2003, à laquelle les deux États sont parties. Quelle ironie tragique de voir un gouvernement dont les plus hauts dignitaires sont eux-mêmes épinglés pour corruption user d’une convention anti-corruption pour tenter de rapatrier des biens mal acquis !
Comme l’a confirmé le communiqué de presse de la CIJ du 15 juillet 2025, la Guinée équatoriale a demandé aux juges d’ordonner à la France de prendre « toutes les mesures nécessaires afin que l’immeuble ne soit pas mis en vente » et de « garantir à la Guinée équatoriale un accès immédiat, complet et sans entrave à tout l’immeuble ». Une tentative manifeste de légitimer le vol et de le faire passer pour une propriété d’État, alors que la provenance illicite des fonds ayant servi à l’acquérir ne fait aucun doute. De son côté, la France a sans surprise demandé que ces mesures conservatoires soient rejetées.
Cette énième offensive judiciaire du régime de Malabo n’est qu’une tentative désespérée de semer la confusion et de se soustraire à ses responsabilités. La « Demande concernant la restitution de biens confisqués dans le cadre de procédures pénales (Guinée équatoriale c. France) », comme l’a nommée la CIJ, ne doit pas masquer la vérité : il ne s’agit pas d’une querelle diplomatique, mais de la lutte pour la restitution des richesses nationales volées. Les audiences passées et la décision attendue de la CIJ « en temps voulu » ne feront que confirmer la détresse d’un régime aux abois, prêt à toutes les pirouettes légales pour protéger son impunité et son immense fortune illicite. Pour le peuple équatoguinéen, la vraie justice ne sera rendue que lorsque les biens mal acquis serviront enfin au développement du pays, et non plus à la démesure de ses despotes.







