Guinée Équatoriale : Le mirage des 46 écoles ou l’art de recycler les promesses

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Alors que le clan Obiang continue de piller les caisses de l’État, le régime de Malabo tente une nouvelle manœuvre de diversion. Sous le prétexte fallacieux de réhabiliter 46 centres éducatifs, le pouvoir met en scène une parodie de rigueur administrative. Entre népotisme systémique et infrastructures en ruines, cette annonce sonne comme une insulte à la misère d’un peuple sacrifié sur l’autel de l’enrichissement illicite familial.

Par OLBIF

Ce lundi 16 février 2026, dans les bureaux feutrés du Ministère de l’Éducation à Malabo, s’est jouée une pièce de théâtre dont le scénario est usé jusqu’à la corde. Le serviteur zélé Clemente Engonga Nguema Onguene, pompeusement titré Ministre d’État de l’Éducation, a convoqué les entreprises soumissionnaires pour la réhabilitation de 46 centres éducatifs nationaux.

Selon le Bureau de Presse et d’Information de la Guinée Équatoriale (source officielle du régime), cette rencontre visait à vérifier les garanties bancaires des prestataires. En réalité, dans un pays où l’économie est une chasse gardée, tout le monde sait que ces appels d’offres ne sont que des simulacres. Comme l’enseignait le sociologue Max Weber, l’État patrimonial transforme le pouvoir public en une possession privée. En Guinée Équatoriale, on ne construit pas pour le peuple, on construit pour justifier des décaissements au profit des amis du palais.

L’ombre de « Teodorin » sur les tableaux noirs

Le communiqué officiel ne manque pas de souligner que cette initiative se déroule « sous le mandat de S.E. le Vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue ». Une fois de plus, le fils du patriarche, plus connu pour ses frasques luxueuses que pour son amour des livres, est présenté comme le grand ordonnateur de l’éducation nationale. C’est le triomphe du népotisme : rien ne bouge sans l’aval du prince héritier, même quand il s’agit de poser une brique dans une école de brousse.

Lors de cette réunion tripartite incluant les Travaux Publics et l’entreprise publique Geproyectos, véritable nébuleuse financière du régime, Engonga Nguema Onguene a joué les chefs de chantier rigoureux. La source officielle rapporte ses propos menaçants : « Les entreprises qui ne répondent pas à cette exigence [les garanties bancaires] seront remplacées par d’autres qui remplissent les conditions exigées ». Une fermeté de façade qui prête à sourire quand on sait que les contrats finissent invariablement dans l’escarcelle des sociétés écrans gravitant autour de la famille Obiang.

Des chiffres contre la famine intellectuelle

Le projet prévoit des « améliorations structurelles et de climatisation » pour les 46 établissements ciblés. Mais de qui se moque-t-on ? Dans de nombreuses régions du pays, les élèves s’assoient encore à même le sol dans des salles de classe qui ressemblent à des hangars de stockage. Promettre la climatisation alors que l’électricité est un luxe et que l’eau potable manque dans les latrines scolaires relève de la rhétorique de l’absurde.

Le philosophe politique Étienne de La Boétie disait que « les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux ». Ici, on maintient le peuple à genoux par une éducation de seconde zone pendant que Malabo brille de ses palais de marbre. Les statistiques de la mal-gouvernance sont têtues : malgré l’une des rentes pétrolières les plus élevées par habitant en Afrique centrale, le système éducatif équatoguinéen reste un parent pauvre, un décor de cinéma dont on ne repeint que la façade lors des années électorales.

Un engagement de papier

Le Bureau de Presse et d’Information conclut sans sourciller que l’Exécutif « réaffirme son engagement en faveur du renforcement du secteur éducatif comme pilier fondamental du développement national ». Un proverbe local dit pourtant : « La chèvre broute là où elle est attachée ». À Malabo, les autorités sont attachées aux coffres-forts de la Banque Centrale, et c’est là qu’elles broutent sans relâche.

Tant que la transparence sera absente et que le clan Obiang verra l’État comme une plantation familiale, ces 46 centres éducatifs resteront des chantiers fantômes. L’éducation ne se construit pas avec des ultimatums d’une semaine pour des cautions bancaires, mais avec une volonté politique réelle de libérer les consciences. Malheureusement, un peuple instruit est un danger pour un régime qui préfère l’ignorance à la contestation.

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