
Économie en berne : La Cemac s’enfonce dans l’asphyxie financière
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Le crédit bancaire chute de 20 % dans la zone Cemac en ce début d’année 2026. Entre politique monétaire restrictive de la BEAC et déconnexion des gouvernements locaux, le secteur privé est sacrifié sur l’autel de la survie du franc CFA. Une stagnation qui promet un horizon sombre pour une sous-région déjà asphyxiée par la mauvaise gouvernance.
Par OLBIF
C’est le constat d’un échec annoncé. Les derniers indicateurs économiques sont formels : l’offre de crédit bancaire dans la zone Cemac a plongé de 20 % depuis le début de l’année 2026. Alors que les entreprises, étouffées, cherchent désespérément des liquidités pour relancer leurs activités, les banques ferment les vannes. À Malabo comme ailleurs dans les capitales de la sous-région, le discours des autorités reste le même, une priorité absolue donnée à la stabilité du franc CFA et à la préservation des réserves de change.
Des taux prohibitifs pour une économie sous perfusion
Pour maintenir une monnaie que le régime de Malabo et ses pairs d’Afrique centrale chérissent davantage que le développement de leurs propres citoyens, la BEAC maintient des taux directeurs à des niveaux prohibitifs. Dans nos pays, où la corruption et le népotisme verrouillent déjà l’accès au capital pour les entrepreneurs indépendants, cette politique monétaire agressive agit comme un couperet.
Le résultat est sans appel : les entreprises diffèrent leurs projets, les investissements sont gelés et la croissance, déjà famélique, se volatilise. Les ministères des Finances, ces mêmes structures qui dilapident les recettes pétrolières dans des projets de prestige inutiles, s’inquiètent désormais de l’absence de « transmission » bancaire. Quel cynisme de s’étonner aujourd’hui que les banques ne suivent pas, alors que la politique budgétaire de nos États est devenue synonyme d’insécurité juridique et de risque systémique !
Un désert de perspectives
La question qui taraude désormais les observateurs est de savoir si ce recul de 20 % est un simple ajustement ou le symptôme d’une sclérose profonde. Pour Radio Macuto, le diagnostic est clair : tant que nos dirigeants privilégieront la conservation de leur pouvoir et de leurs réseaux de prédation plutôt que l’assainissement d’un climat des affaires vérolé par la corruption, aucun relai bancaire ne pourra sauver cette économie sous tutelle.
À l’heure où les publications trimestrielles de la BEAC sont scrutées avec inquiétude, une chose est certaine : ce ne sont ni les rapports chiffrés ni les promesses de relance budgétaire qui sauveront le secteur privé. Sans une rupture radicale avec les méthodes de gestion mafieuses qui tiennent nos pays en otage, la Cemac continuera de s’enfoncer, transformant chaque point de PIB en une chimère de plus pour une population qui n’a déjà que trop attendu le changement.









