
Corridor Douala-Bangui : La Banque mondiale vole au secours des peuples face à l’incurie des autocrates d’Afrique centrale
La Banque mondiale mobilise 1,12 milliard de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui, axe vital du commerce régional que les régimes d’Afrique centrale ont laissé se dégrader.
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Alors que la Banque mondiale injecte 525 millions de dollars pour moderniser le corridor Douala-Bangui, les peuples d’Afrique centrale continuent de subir les affres d’infrastructures délabrées. Une bouffée d’oxygène internationale qui met en lumière l’incapacité chronique des régimes corrompus de la sous-région à développer leurs nations.
Par OLBIF
Pendant que les potentats de la sous-région se repaissent des richesses nationales et s’accrochent au pouvoir par la force, c’est la communauté internationale qui doit voler au secours des populations abandonnées. La Banque mondiale vient de valider le décaissement d’une première tranche de 525 millions de dollars pour réhabiliter le corridor routier reliant Douala à Bangui.
Une artère vitale de plus de 1 400 kilomètres, transformée en véritable parcours du combattant à cause de décennies de mauvaise gouvernance, de gabegie financière et de tracasseries administratives érigées en mode de gouvernement par des administrations aux ordres de régimes tyranniques.
Le mirage du bitume face au pillage systémique
Ce programme massif — dont 425 millions de dollars sont alloués au Cameroun et 90 millions à la République centrafricaine — vise à réparer près de 800 kilomètres de routes et à fluidifier les échanges. Aujourd’hui, il faut encore entre neuf et douze jours pour relier Douala à Bangui, prisonniers de pistes défoncées et de contrôles routiers arbitraires où les fonctionnaires véreux rançonnent les transporteurs au su et au vu d’autorités déconnectées de la misère populaire.
Certes, les investissements annoncés — de la reconstruction de l’axe Yaoundé-Douala à l’installation de stations de pesage numériques pour traquer les surcharges — promettent de dynamiser le commerce et de créer quelques milliers d’emplois. Mais ce soulagement technique ne saurait dissimuler l’amère réalité politique : si les dictatures et oligarchies d’Afrique centrale n’avaient pas érigé le vol des deniers publics en système de gestion, ces infrastructures de base seraient depuis longtemps financées par la manne nationale, et non par la charité des institutions de Bretton Woods.
À Malabo, à Yaoundé ou ailleurs dans cette Afrique centrale étouffée par le népotisme, les grands discours sur l’intégration régionale se fracassent sur l’état désastreux des routes. Les millions de la Banque mondiale offrent un répit aux économies exsangues, mais ils rappellent surtout l’échec cuisant d’une caste dirigeante illégitime, incapable d’offrir à ses citoyens la moindre perspective d’avenir sans l’intervention de l’aide internationale.








