CEMAC : Le naufrage financier d’un syndicat de palais

Share your love


Pendant que les satrapes de la zone CEMAC se pavanent dans des jets privés payés par la sueur des peuples, l’institution communautaire agonise. En panne de liquidités, la Commission vient de suspendre ses activités. Ce défaut de paiement généralisé des États membres n’est pas un accident de parcours, mais le reflet d’une gestion clanique et prédatrice qui sacrifie l’intégration régionale sur l’autel de l’enrichissement personnel.

Par OLBIF

À Malabo, ville de contrastes où le luxe insolent de la famille régnante côtoie la misère noire des quartiers sans eau, le Parlement de la CEMAC a reçu un rapport qui sonne comme une oraison funèbre. Le document, présenté en début de semaine dernière, est une gifle à la dignité de nos peuples : la Communauté est officiellement en faillite.

Une faillite programmée sous le regard d’Obiang

La réalité est sans appel. Reprenant une note interne du 5 février 2026, le rapport général sur le fonctionnement pour l’année 2025 révèle « l’impossibilité pour la Commission de poursuivre ses activités courantes en l’absence de liquidités suffisantes ». En clair, les caisses sont vides. Les «amis» du doyen des despotes, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, et leurs homologues de la sous-région ont tout simplement oublié de payer leurs cotisations.

Comme on dit chez nous, « quand le chef de famille vend la toiture pour s’acheter du vin, la pluie n’épargne personne ». Ici, la pluie, c’est l’effondrement de la Taxe Communautaire d’Intégration (TCI), détournée par les administrations nationales pour nourrir le train de vie fastueux des ministres et autres courtisans de Malabo, Yaoundé ou Brazzaville.

Les chiffres de la honte

Les données livrées au Parlement exposent un « déséquilibre entre les ressources attendues et les dépenses engagées ». Cette contrainte de trésorerie est si sévère qu’elle paralyse tout. Les bureaucrates dorés de la Commission, souvent nommés par pur népotisme, se retrouvent au chômage technique.

« Le constat posé dans ce document explique la décision de suspendre plusieurs opérations administratives et programmatiques jusqu’à nouvel ordre », souligne Radio Macuto.

Pour nous, journalistes libres, ce jargon administratif cache une réalité sociologique décrite par Pierre Bourdieu : nous sommes face à une «reproduction des élites» qui ne travaillent que pour leur propre survie. La CEMAC n’est plus un moteur de développement, c’est une coquille vide servant de décorum international. Les projets régionaux, l’interconnexion des réseaux, la libre circulation ? Des mirages.

La danse du ventre devant les créanciers

Le rapport de Malabo évoque des pistes de sortie de crise : réajustement des contributions ou recours à l’aide extérieure. Quelle ironie ! Ces régimes, assis sur des montagnes de pétrole et de bois précieux, en sont réduits à mendier. Comme l’écrivait Frantz Fanon, ces dirigeants se comportent en « agents de transmission d’une bourgeoisie d’affaires » qui ne pense qu’à ses commissions.

Les États membres, prétendument « confrontés à des défis économiques nationaux », ont en réalité assez d’argent pour acheter des armements sophistiqués afin de réprimer toute contestation, mais pas un franc pour l’intégration. Le destin de la CEMAC est aujourd’hui suspendu à des « arbitrages délicats entre solidarités régionales et contraintes budgétaires ». Traduction : les dictateurs vont se disputer pour savoir qui videra le moins ses poches pour sauver les meubles.

L’urgence de la rupture

L’heure n’est plus à la « réflexion » comme le suggère mollement le rapport. Elle est à l’indignation. L’économie de la CEMAC ne va pas seulement mal, elle est tenue en otage. Le financement est « gravement compromis », et avec lui, l’espoir d’une prospérité partagée.

Si la Commission ne peut même plus payer son électricité, comment peut-elle prétendre réguler nos marchés ? Ces hommes au pouvoir à Malabo et ailleurs ne méritent aucun respect. Ils ne sont pas des serviteurs de l’État, mais des gérants de holdings familiales.

« On ne peut pas cacher la fumée quand on a mis le feu à la maison ». Le feu de la mal-gouvernance consume la CEMAC. Sans un plan de redressement qui commence par le départ de ces élites corrompues, la suspension des activités deviendra définitive. Et ce jour-là, ce ne sera pas la fin d’une institution, mais le début, peut-être, de la libération de nos économies.

Comparte tu aprecio
RadioMacuto
RadioMacuto
Artículos: 1405

Actualizaciones del boletín

Introduce tu dirección de correo electrónico para suscribirte a nuestro boletín

Deja un comentario

Tu dirección de correo electrónico no será publicada. Los campos obligatorios están marcados con *