
Intégration financière : La BEAC s’offre une vitrine panafricaine pendant que la CEMAC stagne
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La BEAC vient de rejoindre le Système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS), promettant des transactions plus rapides et moins dépendantes des devises étrangères. Si cette adhésion technique est présentée comme un tournant pour le commerce intra-africain, elle contraste violemment avec la réalité économique de nos pays, où la pauvreté et les barrières structurelles imposées par nos dirigeants asphyxient toute réelle initiative populaire.
Par OLBIF
L’annonce est tombée ce jeudi, la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC) intègre officiellement le réseau PAPSS. Derrière ce jargon technocratique et les félicitations d’usage entre technocrates, on nous promet une révolution dans les paiements transfrontaliers. Pour les 72 millions d’habitants de la CEMAC, l’idée de pouvoir commercer plus facilement avec le reste du continent est séduisante, en théorie. Mais en pratique, qui profitera réellement de cette nouvelle tuyauterie financière ?
Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, se félicite de cette avancée et appelle les banques commerciales à se préparer. C’est le propre de ce régime, moderniser les instruments de contrôle financier tout en laissant les populations dans une misère organisée. Le PAPSS, soutenu par Afreximbank, vise à réduire la dépendance aux devises tierces. Une ambition louable qui, paradoxalement, nous rappelle que nos États, après des décennies d’indépendance de façade, peinent toujours à garantir une souveraineté économique réelle à leurs citoyens.
Il ne faut pas être dupe. Cette intégration au PAPSS est une manœuvre de haut vol pour faciliter les flux financiers des élites et des multinationales qui gravitent autour du pouvoir. Pendant que nos dirigeants et leurs alliés technocrates se donnent le beau rôle dans les salons feutrés des institutions internationales, le petit commerçant de Malabo, de Douala ou de N’Djamena continue de subir le racket des douanes, la corruption endémique et l’absence totale de soutien aux PME locales.
La technologie, aussi avancée soit-elle, ne remplacera jamais une volonté politique honnête. En rejoignant ce réseau, la BEAC espère sans doute redorer un blason terni par une gestion opaque. Mais tant que la gouvernance en Afrique centrale restera l’apanage de dirigeants prédateurs, plus soucieux de leurs prébendes que de l’essor économique de leurs peuples, ce nouveau système ne sera qu’un outil de plus pour les puissants. Le PAPSS permettra peut-être de transférer de l’argent en quelques secondes, mais il ne transférera malheureusement pas la probité et le sens de l’intérêt général là où ils font le plus cruellement défaut : dans les palais présidentiels de notre sous-région.











