L’Afrique centrale à la traîne : le naufrage industriel d’une région confisquée

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Le dernier classement de la Banque africaine de développement est sans appel : aucun pays de la zone CEMAC ne figure dans le top 10 des nations les plus industrialisées du continent. Entre clientélisme, pillage des matières premières et infrastructures fantômes, nos dictateurs locaux ont condamné leurs peuples à l’éternelle dépendance, loin des dynamiques de transformation qui animent ailleurs en Afrique.

Par OLBIF

Il n’y a aucune fatalité, seulement une faillite morale et politique. Alors que le Maroc, l’Afrique du Sud ou encore le Sénégal tirent leur épingle du jeu, nos pays d’Afrique centrale s’enfoncent dans une insignifiance industrielle chronique. Le Cameroun, relégué à la 21e place, illustre parfaitement ce gâchis. Le géant sous-régional ne parvient même pas à intégrer le top 20, étouffé par une gestion prédatrice qui préfère l’exportation brute de nos ressources aux investissements productifs.

Il est d’ailleurs risible de voir nos dirigeants, du Gabon à la Guinée équatoriale, se gargariser de leurs indices de performance. Avec des classements respectifs à la 12e et 17e place, ces régimes en place depuis des décennies se contentent de miettes. La vérité est brutale : chez nous, l’industrie est un mirage. Pendant que les kleptocrates au pouvoir s’enrichissent en vendant notre bois, notre pétrole et notre cacao sans aucune transformation locale, le tissu des petites et moyennes entreprises agonise.

Le diagnostic est connu : coût prohibitif de l’énergie, carences logistiques, bureaucratie corrompue et absence totale de vision économique. Nos dirigeants, plus préoccupés par le maintien de leurs privilèges et la répression des voix dissidentes que par l’émergence d’une classe ouvrière industrielle, continuent de vendre des rêves aux citoyens à travers des projets d’infrastructures souvent surévalués et peu rentables.

L’entrée dans la zone de libre-échange continentale (ZLECAf) est brandie comme un bouclier miracle par ces politiciens en manque de légitimité. Mais à quoi servira-t-il d’ouvrir nos frontières si nous n’avons rien à produire, sinon de la pauvreté et des matières premières ?

L’industrialisation ne se décrète pas dans les salons dorés de Malabo, de Yaoundé ou de Libreville. Elle exige une gouvernance transparente, une justice indépendante et une réelle volonté de servir l’intérêt général. Tant que nos pays seront pris en otage par des clans mafieux dont la seule industrie reste celle de l’accaparement des richesses nationales, nous resterons les spectateurs impuissants de la progression du reste du continent. Le message des chiffres est clair : le changement ne viendra pas de ceux qui nous ont conduits dans l’impasse.

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