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Malabo présente l’économie bleue comme une nouvelle voie de diversification. Ports, registre maritime et chantier naval d’Asaba sont au programme, mais les annonces devront encore produire des contrats, des emplois et une activité durable.
À Malabo, les autorités multiplient les annonces pour faire du pays une plateforme maritime et portuaire régionale. Conférence sur l’économie bleue, modernisation des ports, registre national des navires et relance du chantier naval d’Asaba figurent au programme. Mais derrière cette ambition, le véritable défi reste celui de transformer les projets annoncés en activité économique réelle.
Le régime de Malabo veut désormais faire de la mer un nouveau moteur de l’économie équato-guinéenne. C’est dans cette logique que le ministre d’État d’Obiang aux Transports, aux Télécommunications et à l’Aviation civile, Honorato Evita Oma, a reçu le secrétaire général de la Commission du golfe de Guinée, José Mba Abeso.
Au centre des échanges, une conférence consacrée à l’économie bleue, que la Guinée équatoriale souhaite organiser pour attirer investisseurs, professionnels du secteur maritime et partenaires régionaux.
Deux rendez-vous pour un même agenda
La rencontre intervient alors que le pays doit accueillir, en novembre prochain à La Cité de la Paix, la réunion annuelle de l’Association des gestionnaires de ports d’Afrique de l’Ouest et centrale (AGPAOC).
Face au chevauchement des thèmes, Malabo envisage de réunir les deux événements en un seul grand forum régional. L’objectif affiché est de rassembler autorités publiques, gestionnaires portuaires, compagnies maritimes, investisseurs et acteurs privés autour de l’économie bleue.
Une ambition qui permet surtout au pouvoir équato-guinéen de remettre en avant ses infrastructures maritimes, après des années de dépendance aux hydrocarbures.
Malabo mise sur ses ports et le chantier naval d’Asaba
La stratégie annoncée repose notamment sur les ports de Malabo et de Bata. Leur concession est présentée comme un moyen de moderniser leur gestion et d’améliorer leur compétitivité.
Le gouvernement met également en avant le registre national des navires, la ratification annoncée de sept conventions de l’Organisation maritime internationale ainsi que le projet de loi contre la piraterie et les activités illégales en mer.
Autre pièce du dispositif : le chantier naval d’Asaba. Sa revitalisation est présentée comme un levier industriel susceptible de créer des emplois spécialisés et de développer les compétences locales.
Malabo souhaite même positionner cette infrastructure sur des projets maritimes à l’échelle de l’Afrique centrale et de l’Afrique de l’Ouest.
Le défi de passer des annonces aux résultats
Sur le papier, l’ensemble forme un écosystème cohérent : ports, chantier naval, registre maritime, sécurité en mer et services logistiques. Mais la diversification économique ne se décrète pas dans les salles de conférence.
Elle suppose des investissements durables, des infrastructures réellement opérationnelles, une gouvernance transparente et surtout un environnement capable de rassurer les investisseurs.
C’est donc moins la multiplication des forums que leur capacité à produire des contrats, des emplois et une activité économique durable qui permettra de mesurer la crédibilité de cette nouvelle ambition maritime.
Pour Malabo, l’économie bleue pourrait représenter une nouvelle voie de sortie de la dépendance pétrolière. Encore faudra-t-il que la mer ne reste pas, elle aussi, une promesse de plus.