Lyon 2026 : Le bal des hypocrites ou l’Afrique à la table des miettes ?

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Tandis que le continent africain ploie sous 70 % du fardeau mondial des épidémies, nos dirigeants s’apprêtent à parader à Lyon pour le sommet « Une seule santé ». Entre dépendance chronique et souveraineté de façade, ce rendez-vous du G7 interroge : peut-on réellement soigner un continent avec des politiques dictées par ceux qui l’oppriment et des élites locales plus préoccupées par leur survie politique que par la santé publique ?

Par OLBIF

Ce mardi 7 avril 2026, la ville de Lyon devient le théâtre d’une nouvelle comédie diplomatique. À l’invitation d’Emmanuel Macron, une cohorte de ministres et de chefs d’État africains, dont certains brillent plus par leur longévité au pouvoir que par l’efficacité de leurs hôpitaux, participent au sommet mondial « Une seule santé ». L’enjeu est de taille, l’Afrique importe 80 % de ses médicaments et ne produit que 20 % de ce qu’elle consomme.

Comme on dit chez nous à Malabo, « On ne peut pas demander la santé à celui qui vend la maladie. » Pourtant, nos « messieurs les ministres », toujours prompts à voyager en première classe vers l’Europe dès qu’ils ont une migraine, prétendent aujourd’hui exiger une place à la table des grands.

Une souveraineté qui ne se décrète pas

La délégation africaine arrive avec une feuille de route élaborée trois jours plus tôt par Galien Afrique et le REMAPSEN. Le message est noble : l’Afrique détient les solutions. Mais de quelles solutions parle-t-on quand moins de 1 % du PIB continental est consacré à la recherche ? La professeure Francine Ntoumi, dont le courage honore la Fondation congolaise pour la recherche médicale, a eu ces mots justes, « La souveraineté sanitaire ne se décrète pas. Elle se construit collectivement dans nos laboratoires, nos universités et nos politiques publiques. »

Malheureusement, dans nos palais de marbre, on préfère construire des prisons pour les opposants plutôt que des laboratoires pour les chercheurs. Le concept d’« innovation frugale » prôné par le professeur Issakha Diallo, incluant la télémédecine et l’IA, ressemble à un vœu pieux face à la réalité de nos dispensaires vides.

Le mirage du modèle sénégalais et le piège des données

On nous vante le modèle du Sénégal et son Conseil supérieur national de sécurité sanitaire. Le Dr Adjaratou Diakhou Ndiaye souligne que tout est intégré, eau, biodiversité, santé animale. C’est beau sur le papier. Mais sur le terrain, la réalité est plus brute. Gerry Gimaiyo, de la Fondation Rockefeller, rappelle une vérité cinglante : « Ce que l’on ne mesure pas, on ne le finance pas. Ce que l’on ne finance pas, on ne peut le résoudre. »

Nos régimes, champions de l’opacité, détestent les chiffres. Mesurer la mortalité réelle, c’est avouer l’échec de la gestion clanique. Au Kenya ou au Rwanda, des plateformes existent, mais elles restent suspendues aux financements extérieurs. C’est le nœud de la corde : comment parler de « vote » et de « décision » quand on attend le chèque du G7 pour acheter des seringues ?

Le G7, une table de négociation ou un tribunal ?

Caroline Comiti, de l’ambassade de France au Sénégal, annonce fièrement la présence de 18 ministres et 60 délégations. Le lendemain, 8 avril, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) verra défiler 70 projets. Mais soyons lucides, l’Afrique compte 1,4 milliard d’habitants. La pandémie de Covid-19 a montré que lorsque les frontières se ferment, les laboratoires du Nord nous oublient instantanément.

Aristote disait que la politique est l’art de diriger la cité pour le bien commun. En Afrique centrale, c’est l’art de confisquer la cité pour le bien d’une famille. Sans une véritable révolution de la gouvernance locale, ce sommet de Lyon ne sera qu’une énième séance de photos. Nos dirigeants veulent « être à la table », mais ils oublient que pour commander au menu, il faut avoir payé sa part. Pour l’instant, c’est le peuple qui paie l’addition, de sa vie et de sa santé, pendant que les délégations se goinfrent dans les salons lyonnais.

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