
CEMAC : La sous-région à genoux devant le FMI pour combler les trous de la corruption
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Sous le vernis doré des salons parisiens, les ministres des Finances de la CEMAC, dont les nôtres, sont allés quémander l’onction du FMI le 17 mars 2026. Entre soumission néocoloniale et aveu d’échec de gouvernance, nos « élites » tentent de sauver des régimes à bout de souffle par une cure d’austérité imposée de l’extérieur. Un théâtre d’ombres où le peuple reste le grand sacrifié.
Par OLBIF
À Malabo comme ailleurs en zone CEMAC, le soleil se lève sur une misère que les statistiques de la Banque Centrale peinent à masquer. Pendant que le clan Obiang et ses courtisans jonglent avec les millions issus de la rente pétrolière, une délégation de ministres, ces humbles serviteurs des palais et non de la patrie, s’est rendue à Paris le 17 mars dernier. L’objectif ? Obtenir le feu vert de la France et du FMI pour de nouvelles perfusions financières.
Comme le rapporte le journal camerounais Eco Matin, cette rencontre s’est tenue à l’invitation de Roland Lescure, ministre français de l’Économie, et de Tahir Hamid Nguilin, le visage tchadien de l’UMAC. En science politique, on appelle cela la dépendance structurelle ; chez nous, c’est simplement le signe que nos dirigeants ne savent plus remplir les caisses sans tendre la sébile. « Tant que le singe a des munitions, il ne lâche pas la branche », dit un proverbe de chez nous. Ici, la munition, c’est la dette ; la branche, c’est le pouvoir.
L’illusion des réformes et la réalité du ventre
Le communiqué final, cité par Eco Matin, évoque l’urgence de « garantir la cohérence entre les Lois des Finances et les engagements des États ». Derrière ce jargon technocratique se cache une réalité brutale : la mise sous tutelle. À Brazzaville, le 22 janvier 2026, les chefs d’État avaient déjà promis une « discipline budgétaire ». Mais de quelle discipline parle-t-on ? Celle qui réduit les budgets de santé ou celle qui limite le train de vie indécent de la présidence de Malabo ?
Au Gabon, le tableau n’est guère plus reluisant. Libreville a sollicité début mars l’ouverture d’un nouveau programme après l’échec du précédent accord de 2021. Selon la source, le pays se heurte à une « politique budgétaire jugée expansionniste ». Traduisons : l’argent disparaît dans les sables mouvants de la corruption et des dépenses de prestige, laissant le peuple face à des réformes « coûteuses sur le plan social ». Max Weber expliquait que l’État est une entreprise qui doit viser l’intérêt général ; en Afrique centrale, c’est une boutique privée gérée par des familles.
Le cas camerounais : Le pilier d’argile
Le Cameroun, présenté comme le « pilier » de la zone avec 40 % à 58 % des réserves de change, s’apprête à signer son troisième pacte avec le diable de Bretton Woods. Louis Paul Motaze, le gestionnaire des comptes de Yaoundé, avoue sans ciller que les précédents accords ont injecté « plus de 2 600 milliards FCFA ».
Pourtant, malgré ces sommes astronomiques, les coupures d’électricité et les nids-de-poule sont les seuls héritages visibles pour le citoyen lambda. L’enjeu, selon Eco Matin, est d’éviter une « rupture de ces financements ». C’est l’aveu d’une addiction. Nos économies sont sous perfusion, et nos ministres, tels des rentiers de l’angoisse, ne craignent qu’une chose : que le FMI ferme le robinet.
Paris, arbitre et tuteur
La France, de son côté, joue les pompiers pyromanes. Elle « continuera à les accompagner dans leurs relations avec les partenaires », souligne le texte d’Eco Matin. Cette main tendue ressemble fort à une laisse. La stabilité macroéconomique dont ils parlent n’est qu’un mot creux pour ceux qui n’ont pas de quoi s’acheter un sac de riz à Malabo ou à Douala.
Comme le disait Jean-Jacques Rousseau : « La liberté est un aliment de bon suc, mais de forte digestion ». Nos régimes préfèrent la digestion facile des emprunts à la liberté dure du travail et de la transparence. En acceptant ces programmes, nos gouvernants avouent leur incapacité à gérer nos propres ressources.
Ces réunions parisiennes ne sont que des mises en scène pour valider le pillage organisé. Pendant que les ministres trinquent à la « consolidation des réserves », le peuple, lui, consolide sa faim. La véritable réforme ne viendra pas du FMI, mais du jour où ces régimes népotistes rendront enfin des comptes à ceux qu’ils prétendent diriger.







