L’odeur du déshonneur : Biya, Obiang et le business des expulsions de Trump

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Le Cameroun de Paul Biya et la Guinée Équatoriale de Teodoro Obiang Nguema se transforment en sous-traitants de la basse besogne migratoire pour l’administration Trump. Contre des valises de dollars, ces régimes népotistes acceptent de devenir les « décharges humaines » des États-Unis, séquestrant des exilés protégés par la loi internationale. Quand la souveraineté africaine se monnaie au prix du sang et du déshonneur, c’est tout un continent qui s’enchaîne.

Par La Rédaction

On dit chez nous que « le chien ne change jamais sa façon de s’asseoir ». Pour Paul Biya, le patriarche immobile de Yaoundé, et son compère de Malabo, l’ineffable Teodoro Obiang Nguema, la méthode reste la même, brader la dignité humaine pour quelques miettes de reconnaissance internationale et des comptes en banque bien garnis.

Le Cameroun : de « terre d’accueil » à « prison sous contrat »

L’affaire est d’une puanteur insoutenable. Selon une enquête du New York Times et des révélations d’APA News, l’administration de Donald Trump a transformé le Cameroun en une plateforme de délestage pour migrants indésirables. Le 14 janvier 2026, un vol du Département de la Sécurité Intérieure (DHS) a atterri à Yaoundé. À son bord, neuf âmes brisées, menottées « comme des colis UPS », expulsées dans la plus grande opacité.

Le scandale ? Aucun de ces expulsés n’est Camerounais. On y trouve un Zimbabwéen résidant aux USA depuis 15 ans, une Ghanéenne menacée de mort pour son orientation sexuelle, ou encore des ressortissants du Maroc, du Sénégal et d’Éthiopie. Pire encore, huit d’entre eux bénéficiaient d’ordonnances judiciaires américaines interdisant leur expulsion. Mais qu’importe la loi quand on peut s’arranger entre autocrates et populistes ?

Comme le disait Machiavel dans Le Prince, « celui qui contrôle la peur des autres devient leur maître ». Ici, Washington utilise la cupidité des régimes d’Afrique Centrale pour contourner ses propres tribunaux. Le Sénat américain évoque déjà un pactole de 40 millions de dollars versé à des pays tiers pour accepter ces « transferts ». À Yaoundé, le régime, champion de la mal-gouvernance, se mure dans un silence complice. On détient ces gens dans des sites étatiques, les pressant d’accepter un « retour volontaire » vers la mort. « Signer ce papier, c’est signer mon arrêt de mort », confie une jeune femme de 20 ans, abandonnée dans les zones grises de la capitale camerounaise.

La Guinée Équatoriale : l’autre complice du népotisme

Le Cameroun n’est pas seul dans cette infamie. Ma terre natale, la Guinée Équatoriale, sous la botte de fer d’Obiang et de sa clique de « courtisans-prédateurs », sert également de point de transit. Pour Obiang et ses « amis » du gouvernement, ces marionnettes qui ne servent que les intérêts du clan de Mongomo, la misère humaine est une marchandise comme une autre.

Le concept de souveraineté est ici galvaudé. En science politique, on parle de « souveraineté négative » : ces États n’existent que par leur capacité à nuire ou à servir de tampon. En acceptant ces migrants dont Washington ne veut plus, Malabo et Yaoundé prouvent qu’ils ne sont que des succursales du cynisme mondial. Ils ignorent le principe de « non-refoulement », pierre angulaire du droit des réfugiés, pour complaire à un protecteur lointain.

Une sous-région en décomposition morale

Le Ghana et l’Eswatini sont aussi cités dans ces « opérations de contrebande humaine ». C’est une épidémie de déshonneur. Thomas Sankara disait : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. » Mais ici, ce sont les maîtres qui se font esclaves du dollar.

Comment respecter des ministres et des « assimilés » qui, à Malabo comme à Yaoundé, s’engraissent sur le dos de la détresse mondiale pendant que leurs propres peuples croupissent dans la pauvreté ? Ce « deal » entre Trump et les dictateurs d’Afrique Centrale est le reflet d’un monde où la morale est une variable d’ajustement budgétaire.

  • Le chiffre noir : 32 à 40 millions de dollars déjà décaissés par les USA pour ces « décharges » humaines.

  • La réalité humaine : Des hommes et des femmes jetés dans des cachots tropicaux, loin des regards, sans aucun recours juridique.

Le réveil nécessaire

Le Cameroun est-il devenu la nouvelle « prison » migratoire des États-Unis ? La réponse est dans le silence coupable des autorités de Yaoundé. Pour nous, journalistes indépendants, il est de notre devoir de dénoncer cette traite moderne maquillée en coopération bilatérale. Le régime d’Obiang et celui de Biya ne sont pas des partenaires du développement, mais des agences de placement pour la répression globale.

Comme le dit un proverbe de chez nous : « La forêt a beau être dense, l’œil du chasseur finit par voir le gibier. » Nous voyons vos manigances, nous voyons vos comptes offshore et nous voyons ces vies que vous brisez pour rester dans les bonnes grâces de l’Oncle Sam.

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