
Guinée équatoriale : À Akuakam Esangui, le calendrier liturgique bousculé pour le culte d’Obiang
À Akuakam Esangui, village natal de la famille présidentielle, la célébration de saint Jacques a été déplacée pour s’adapter à l’agenda de Teodoro Obiang. Une fête religieuse transformée, selon l’article, en démonstration politique et en nouvel épisode du culte de la personnalité.
Share your love
À Akuakam Esangui, le dictateur Teodoro Obiang Nguema et son épouse ont transformé la célébration de saint Jacques en un vulgaire exercice de propagande. Modifiant le calendrier liturgique selon le bon vouloir du « fils du pays », le clan au pouvoir s’est offert une messe sur mesure, bien loin des réalités d’un peuple qu’il opprime et appauvrit.
Par OLBIF
Quand on règne en maître absolu sur un pays pillé, même le Bon Dieu doit apparemment s’adapter à votre agenda. En Guinée équatoriale, le clan au pouvoir l’a encore démontré ce dimanche 26 juillet à Akuakam Esangui, le village natal de la famille présidentielle. Ce qui devait être une simple fête patronale a été transformé en une vaste opération de mise en scène politique au service de l’autocrate.
Le culte de la personnalité érigé en dogme liturgique
Normalement fixée par le calendrier de l’Église, la messe solennelle en l’honneur de saint Jacques l’Apôtre a dû être sagement décalée. Pourquoi ? Tout simplement à la demande expresse de Teodoro Obiang Nguema, empêtré dans son emploi du temps de despote et soucieux de ne pas rater son bain de foule dans son fief.
Célébrée par l’évêque de Mongomo, Juan Domingo Beka Esono Ayang — un prélat bien prompt à bénir les structures d’un régime vermoulu —, la cérémonie a rassemblé la cohorte des courtisans et des profiteurs du système venus applaudir le patriarche et son épouse, Constancia Mangue.
Une mascarade spirituelle aux frais du contribuable
Sous le vernis d’une prétendue « foi profonde », ces festivités ont pris des allures de fête foraine du népotisme. Inauguration du Centre culturel Mama Crisanta, spectacles musicaux à grand budget, baptêmes et communions en série : tout est bon pour tenter de légitimer une dictature aux abois. Pendant sept jours, la jeunesse catholique a été embrigadée dans ce festival narcissique financé avec l’argent public, pendant que la grande majorité des Équato-Guinéens croupit dans la misère la plus noire, étranglée par la corruption endémique de la caste au pouvoir.
À grands renforts de chants, de communions et de bénédictions complices, le régime tente désespérément de s’acheter une virginité céleste. Mais aucune messe sur mesure, aussi fastueuse soit-elle, ne pourra effacer les décennies de prédation d’un clan mafieux qui confond les caisses de l’État avec son livret de famille. Face au tribunal de l’histoire, les prières hypocrites de Malabo ne pèseront pas lourd.










No