CIJ : Comment Gabon a perdu la bataille des îlots face à la Guinée équatoriale

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La Cour Internationale de Justice (CIJ) a infligé un revers au Gabon dans le litige territorial qui l’oppose à la Guinée équatoriale concernant la souveraineté sur les îlots de Mbanié, Cocotiers et Conga. La décision rendue ce lundi 20 mai par la plus haute juridiction de l’ONU confirme la revendication de la Guinée équatoriale, s’appuyant sur le traité de Paris de 1900, et met ainsi à nu des tentatives gabonaises de s’approprier ces territoires stratégiquement situés dans une zone potentiellement riche en pétrole.

Par OLBIF

C’est un fait connu. Le Gabon a tenté de faire valoir ses droits sur ces îlots, situés à une vingtaine de kilomètres de ses côtes, en s’appuyant sur la convention de Bata de 1974. Cependant, la CIJ a clairement rejeté cette prétention, estimant que cette convention « n’est pas un traité faisant droit… et ne constitue pas un titre juridique ». La Cour a ainsi privilégié le traité de 1900, qui divisait les possessions coloniales françaises et espagnoles, comme base légale.

Cette décision de la CIJ vient contredire les efforts du Gabon pour obtenir la reconnaissance de sa souveraineté sur ces territoires. Comme le confirment Afriquinfos et les informations disponibles sur les réseaux sociaux, le président gabonais avait réagi en appelant à éviter toute « déclaration précipitée ni aux réactions passionnelles ».

Durant les procédures, l’on apprend que la Guinée équatoriale n’a pas manqué de dénoncer les actions du Gabon, allant jusqu’à qualifier l’occupation des îlots depuis 1972 d’illégale et contestant la validité de la convention de Bata. Le vice-ministre équato-guinéen des Mines et des Hydrocarbures, Domingo Mba Esono, a souligné la surprise de sa délégation lorsque le Gabon a évoqué ce traité en 2003, présentant une simple « photocopie non authentifiée ».

L’avocat représentant la Guinée équatoriale, Philippe Sands, avait d’ailleurs ironisé sur la tentative du Gabon de s’appuyer sur de tels documents, parlant de « monde de l’invraisemblance et du ridicule » face à ces « bouts de papier ».

Bien que la présidente honoraire de la Cour constitutionnelle du Gabon, Marie-Madeleine Mborantsuo, a défendu la validité de la convention de Bata, arguant qu’elle avait « résolu l’ensemble des questions de fond » concernant les frontières, la CIJ n’a pas été convaincue.

L’arrêt de la CIJ, qui est définitif et contraignant, signifie que le Gabon devra se retirer de l’île de Mbanié. Une réalité pilule très amère à avaler pour les Gabonais. Face au sentiment d’indignation qui monte dans l’opinion, le président Oligui Nguema appelle ses concitoyens au calme et à la retenue. « Nous attendons actuellement le retour de nos deux vaillants experts gabonais qui ont participé aux délibérations et qui suivent dossier depuis près de 20 ans. Un compte rendu exhaustif sera présenté aux deux chambres du Parlement ainsi qu’au gouvernement, dans une démarche de transparence totale que notre administration s’est engagée à maintenir. Je vous demande, en attendant, de faire preuve de retenue et de sagesse », peut-on lire dans un tweet posté sur le dossier.

Une attitude qui met honteusement un terme manœuvres juridiques entreprises par le Gabon pour s’approprier injustement ces îlots, dont la valeur potentielle en hydrocarbures est significative, comme le souligne Afriquinfos. La victoire de la Guinée équatoriale devant la plus haute juridiction de l’ONU met ainsi un terme, au moins sur le plan juridique international, aux tentatives du Gabon de gagner injustement ce différend territorial.

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