
Mascarade à Douala : Les prédateurs de la CEEAC se découvrent une passion pour la « transparence » climatique
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Réunis en conclave dans le confort feutré de Douala depuis le 23 avril, les émissaires des palais d’Afrique centrale simulent une mobilisation pour le climat. Derrière les discours techniques sur le financement des « CDN 3.0 », ces régimes autoritaires, d’Obiang à Biya, cherchent surtout à monnayer la protection du bassin du Congo pour renflouer des caisses vidées par la corruption systémique.
Par Ernesto NCHAMA
Quand les kleptocrates de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) parlent de « transparence », le contribuable équato-guinéen et ses voisins feraient bien de surveiller leurs poches. Depuis ce jeudi, Douala sert de décor à un énième « atelier technique ». L’objectif affiché ? L’opérationnalisation des Contributions déterminées nationales (CDN). En clair : comment rédiger des rapports assez convaincants pour capter les fonds verts internationaux.
Des discours verts pour des régimes opaques
C’est Rémy Mukongo Shabantu, envoyé du cabinet de la Commission, qui a ouvert le bal des hypocrites. Avec une pédagogie qui frise l’insulte, il a rappelé l’intérêt des États membres pour l’environnement depuis la COP 15 de Copenhague. On croit rêver. Ces mêmes gouvernements, qui piétinent les droits humains et confisquent les ressources naturelles pour leurs clans, se posent aujourd’hui en sauveurs de la planète.
L’argumentaire est rodé : le bassin du Congo est le « deuxième massif forestier tropical de la planète ». Une « région solution », nous dit-on. Pour les cercles de pouvoir à Malabo ou à Yaoundé, c’est surtout une « région marchandise ». On utilise la vulnérabilité climatique des populations, pourtant causée par l’absence d’infrastructures et la mauvaise gouvernance, comme un levier de chantage pour attirer les partenaires techniques et financiers (GEF, GCF, CAFI) présents à cet atelier.
La bureaucratie comme écran de fumée
Ils sont une quarantaine. Experts, points focaux et responsables sectoriels se succèdent au micro pour parler de « transparence de l’action climatique ». Quelle ironie. Comment des régimes qui ne publient aucun compte clair sur leurs revenus pétroliers ou forestiers pourraient-ils être transparents sur leur gestion environnementale ?
Le « Hub Régional » créé pour l’occasion n’est qu’une couche bureaucratique supplémentaire. Il sert à valider des rapports de complaisance qui permettront de débloquer de nouveaux mécanismes de financement. Pour les peuples opprimés d’Afrique centrale, ces millions de dollars ne seront que des chiffres dans des discours de clôture ; ils n’arriveront jamais dans les villages qui subissent réellement l’érosion ou la sécheresse.
L’atelier de Douala s’achèvera ce 25 avril sur des résolutions pompeuses et des poignées de main satisfaites. Mais ne nous y trompons pas : tant que la transparence ne sera pas d’abord politique et budgétaire, l’action climatique en Afrique centrale restera un écran de fumée. Derrière le vert des forêts du bassin du Congo, ce sont toujours les mêmes appétits insatiables qui dictent la manœuvre. À Radio Macuto, nous savons que l’on ne protège pas l’avenir d’une planète avec des mains habituées à piller le présent.







