
Route Bata-Mongomo : 925 milliards de francs CFA pour relier les privilèges d’un clan au mépris d’un peuple affamé
La route Bata-Mongomo et ses 925 milliards de francs CFA illustrent les choix budgétaires dénoncés par Radio Macuto : les projets du pouvoir passent avant les besoins de la population.
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En visite de propagande dans la région continentale, Teodoro Obiang Nguema a inauguré une autoroute pharaonique de 925 milliards de francs CFA reliant Bata à son fief de Mongomo. Un gouffre financier de plus pour un régime dictatorial totalement sourd aux urgences sociales de la population.
Par OLBIF
Sous un soleil de plomb, la mise en scène était bien rôdée. Près d’un millier de figurants, convoyés et encadrés pour l’occasion, ont été sommés d’acclamer celui qui règne d’une main de fer sur la Guinée équatoriale depuis 1979. À grand renfort de discours lyriques débités par des obligés du régime, le pouvoir de Malabo a célébré en grande pompe l’inauguration de l’autoroute Bata-Mongomo, du tronçon Matransa et de la route Alep-Bikom.
Un pharaonique gaspillage d’argent public
Le chiffre donne le vertige : 924,8 milliards de francs CFA engloutis dans un ruban d’asphalte de 204 kilomètres. Présenté par la machine de propagande comme une preuve de «souveraineté économique» et financé prétendument sans dette extérieure, ce chantier gigantesque illustre surtout la fuite en avant d’un système clanique.
L’axe du népotisme : Cette autoroute à quatre voies unit la ville portuaire de Bata au village natal et sanctuaire politique du dictateur, Mongomo.
L’indifférence sociale : Pendant que des milliards s’accumulent dans les bétonneuses pour satisfaire l’ego présidentiel, les hôpitaux manquent cruellement de médicaments, les écoles manquent de tout, et la grande majorité des Équato-guinéens vivote dans une misère noire.
La rhétorique du mirage
Fidèle à ses habitudes de grandiloquence, le maître de Malabo a vanté son chimérique «Horizon 2035», tentant de faire oublier qu’après plus de quatre décennies de pouvoir absolu, l’économie du pays est exsangue et totalement verrouillée par une oligarchie corrompue. Les courtisans locaux, rivalisant de servilité à l’instar du maire de Bata et des ministres de pacotille, ont salué ce qu’ils osent appeler la «justice sociale». Une provocation insupportable pour une population qui subit au quotidien la cherté de la vie et l’arbitraire d’un État policier.
Aucune quantité de bitume ni aucun discours triomphaliste ne parviendront à masquer la faillite morale et politique du régime. En pavant les routes qui unissent les bastions de son clan pendant que le reste du pays sombre, le pouvoir signe l’acte d’accusation de son propre naufrage. Le peuple équato-guinéen, bâillonné mais lucide, sait que le plus beau des tapis d’asphalte ne sauvera jamais une dictature en fin de course.









