Exploitation du bois du bassin du Congo en Afrique centrale

Bois du Bassin du Congo : Une nouvelle étude de la CEA pour soigner l’incompétence des régimes de la sous-région

La CEA lance une nouvelle étude sur l’industrialisation durable du bois en Afrique centrale. Une initiative de plus face à des régimes incapables de valoriser les richesses du bassin du Congo.

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La Commission économique pour l’Afrique (CEA) lance une étude pour industrialiser la filière bois dans le Bassin du Congo. Malgré un potentiel représentant 70 % du couvert forestier humide africain, la sous-région stagne, produisant à peine 1 % du contreplaqué mondial. Une initiative louable sur le papier, mais vouée à l’échec entre les mains de régimes prédateurs incapables de créer la moindre valeur ajoutée pour leurs peuples.

Par OLBIF

C’est le énième rapport de trop sur les promesses non tenues de l’Afrique centrale. La CEA, dans son désir habituel de rationaliser le chaos, vient d’annoncer le lancement d’une étude régionale sur l’industrialisation durable de la filière bois. Le constat est pourtant connu de tous, et il est accablant pour les petits dictateurs qui dirigent nos pays : la sous-région détient 70 % du couvert forestier humide du continent et 800 000 km² d’aires protégées, mais elle se contente de brader ses ressources brutes.

Les chiffres ne mentent pas, contrairement à nos gouvernants. Alors que nous fournissons 20 % des exportations mondiales de grumes tropicales, nous ne représentons que 1 % de la production mondiale de bois scié et de contreplaqué. Pour la clique au pouvoir à Malabo et ses compères régionaux, cette situation est idéale : elle permet l’exportation massive de matières premières sans exiger la mise en place d’un tissu industriel complexe, créateur d’emplois qualifiés et de revenus pour la nation.

La CEA rêve de « vision régionale », de « projets structurants » et d’exploitation des opportunités offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Elle appelle à une gouvernance rigoureuse et à des réformes structurelles pour faire du Bassin du Congo un pôle industriel. C’est oublier que, dans nos pays, le secteur forestier n’est pas géré comme une industrie nationale, mais comme une chasse gardée personnelle.

Tant que le pouvoir sera concentré entre les mains de prédateurs dont l’unique « vision stratégique » est le remplissage de leurs comptes bancaires à l’étranger, aucune étude de la CEA, aussi brillante soit-elle, ne changera la donne. Le bois continuera de sortir par les ports, enrichissant les familles régnantes pendant que la jeunesse équato-guinéenne et centrafricaine restera condamnée au chômage et à la misère. L’industrialisation nécessite un État qui travaille pour son peuple, une denrée rare dans cette partie de l’Afrique.

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