
Zimbabwe : La mascarade patriotique d’Obiang Nguema à Harare
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En visite officielle au Zimbabwe, le vieux potentat de Malabo s’est offert une mise en scène au monument des Héros nationaux. Entre déférence factice et récupération historique, Obiang Nguema Mbasogo cherche à s’approprier l’aura des combattants de la liberté. Une posture grotesque pour un dirigeant dont le seul héritage, après près d’un demi-siècle au pouvoir, reste l’oppression systématique de son propre peuple.
Par OLBIF
À Harare, le protocole a été millimétré. Sous les honneurs militaires, Obiang a arpenté le site du monument des Héros nationaux, ce lieu sacré érigé à la mémoire de ceux qui ont sacrifié leur vie pour libérer le Zimbabwe du joug colonial britannique. Tandis qu’il déposait une gerbe de fleurs devant la tombe du soldat inconnu, l’ironie frappait fort : comment celui qui a transformé la Guinée équatoriale en une prison à ciel ouvert peut-il se recueillir sur les traces de véritables libérateurs ?
La symbolique sacrifiée sur l’autel de l’autocratie
Le complexe, inauguré en 1981, célèbre la lutte armée et l’émancipation d’un peuple. Les statues de bronze représentant les guérilleros, le fusil à la main, rappellent le prix de la souveraineté. Pour Obiang, cette visite semble être une opportunité de diversion. En se tenant sur cette colline qui surplombe Harare, entouré des sépultures de figures comme Robert Mugabe, il tente, le temps d’une photo, de se draper dans une légitimité révolutionnaire qu’il n’a jamais possédée.
Le contraste est saisissant. Ici, on honore le sacrifice pour la liberté collective ; à Malabo, on sacrifie la liberté des citoyens pour assurer la survie d’un clan prédateur et le maintien d’une dynastie honnie. Le chef de l’État équato-guinéen admire les reliefs gravés dans la pierre qui racontent l’histoire d’une libération, sans jamais réaliser que le peuple de Guinée équatoriale, lui, attend toujours la sienne.
Une chute dans le vide de l’histoire
Pour les observateurs avertis, cette visite n’est qu’une énième page d’un album de voyages diplomatiques sans utilité pour les citoyens de notre pays. Obiang Nguema Mbasogo peut bien se recueillir devant toutes les flammes éternelles du continent, son nom ne figurera jamais au Panthéon des libérateurs de l’Afrique.
Dans notre pays, les seuls « héros » sont ces citoyens anonymes qui bravent quotidiennement la terreur et la misère imposées par ce régime moribond. Au Zimbabwe, on honore les morts de la liberté. À Malabo, on attend désespérément que le régime cesse de martyriser les vivants. La mascarade d’Harare ne changera rien à la triste réalité : le tombeau du soldat inconnu mérite certainement mieux qu’une telle visite.











