Pékin-Malabo : Opération séduction et diplomatie de façade pour le régime d’Obiang

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En voyage à Pékin, l’envoyée du régime de Malabo, Maricruz Evuna Andeme, tente de donner un second souffle à une coopération sino-équatoguinéenne à bout de souffle. Entre promesses de chantiers prioritaires et projets virtuels déconnectés des réalités des populations, la dictature cherche surtout en Asie un soutien politique pour masquer son isolement international et sa faillite démocratique interne.

Par OLBIF

La machine de propagande du palais de Sipopo tourne à plein régime, mais les faits sont têtus. Alors que le peuple équato-guinéen s’enfonce dans une crise économique structurelle généralisée, les courtisans du régime continuent de multiplier les courbettes à l’international. Dernière illustration en date, le déplacement à Pékin de Maricruz Evuna Andeme, qui s’accroche à son titre de « secrétaire d’État » comme si les distinctions d’une gérontocratie corrompue impressionnaient encore quelqu’un à l’extérieur.

Masquer le népotisme

Reçue par le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Miao Deyu, l’émissaire de Teodoro Obiang Nguema est allée quémander de nouvelles infrastructures. Pour contenter Malabo, Pékin fait mine de placer en « priorité » la construction d’un énième bâtiment annexe pour le ministère des Affaires étrangères et celle de l’hôpital de Niefang. Des chantiers qui rappellent la longue liste d’éléphants blancs de la dictature; des infrastructures coûteuses, souvent mal équipées, qui servent de paravents financiers aux élites du clan au pouvoir plutôt qu’à l’amélioration des conditions de vie réelles des Équato-Guinéens.

Pour prix de sa docilité, le régime d’Obiang s’est vu promettre la co-présidence du Forum de Coopération Chine-Afrique (FOCAC) à partir de 2027. Un hochet diplomatique que le pouvoir de Malabo tente déjà de vendre comme un triomphe, mais qui n’est en réalité qu’un calcul géopolitique de Pékin pour s’assurer une voix alignée lors des votes aux Nations Unies.

La culture virtuelle face à la misère réelle

Le summum du ridicule de cette visite officielle a été atteint lorsque Maricruz Evuna Andeme a proposé, en grande pompe, la création d’un « Musée virtuel de la culture chinoise » en Guinée Équatoriale. Selon elle, ce gadget numérique permettra à la jeunesse locale de découvrir le pays asiatique. Une proposition déconnectée de la réalité d’un pays où les coupures d’électricité sont quotidiennes, où l’accès à Internet reste un luxe prohibitif contrôlé par les monopoles du pouvoir, et où les écoles publiques manquent cruellement de manuels scolaires de base.

Pendant que la jeunesse équato-guinéenne survit sans perspectives professionnelles solides, le régime préfère donc investir l’espace numérique pour satisfaire ses partenaires étrangers.

Cette énième mise en scène à Pékin ne trompe plus personne. En s’alignant systématiquement sur les intérêts des superpuissances pour obtenir des infrastructures clés en main, le pouvoir de Malabo confirme son incapacité chronique à développer de manière autonome et transparente le tissu économique national. La prétendue « symbiose » célébrée par la presse d’État n’est que le reflet d’une diplomatie de survie pour un clan qui, faute de légitimité populaire chez lui, cherche désespérément à s’acheter une respectabilité factice à des milliers de kilomètres de ses bases.

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