Afrique Centrale : Le Sommet CEMAC/CEEAC de Yaoundé à l’épreuve des régimes autocratiques

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Un Sommet extraordinaire conjoint des Chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) est annoncé pour le 18 juillet 2025 à Yaoundé. Convoquée par le président Paul Biya, cette rencontre aura pour objectif de faire avancer le «processus de rationalisation des Communautés économiques régionales (CER)», visant à fusionner la CEMAC et la CEEAC en une seule entité.

Par OLBIF

L’idée de cette rationalisation, qui a émergé lors de la 14ème Conférence des Chefs d’État de la CEEAC en octobre 2009 à Kinshasa, cherche à harmoniser l’intégration régionale avec les objectifs de l’Union africaine. Les défis sont connus : faible niveau des échanges intra-régionaux, étroitesse des marchés sous-régionaux, pléthore d’organisations communautaires et raréfaction des ressources financières. Des avancées ont été notées, notamment l’unification des zones de libre-échange, l’élaboration de codes douaniers communs et l’adoption de domaines prioritaires pour cette fusion, dont le taux de réalisation était estimé à 55,31% en juin 2024. Le sommet de juillet devrait évaluer les progrès et, potentiellement, fixer une date pour cette fusion tant attendue.

Cependant, au-delà des objectifs louables affichés, la réussite de cette intégration régionale se heurte à des réalités politiques persistantes, notamment l’orgueil et la corruption qui caractérisent certains régimes de la sous-région. L’exemple de la Guinée équatoriale, dont le régime d’Obiang Nguema est régulièrement pointé du doigt pour son caractère autoritaire, sa corruption endémique et sa xénophobie manifeste, illustre les difficultés structurelles qui pèsent sur l’efficacité de ces communautés. Un pays comme la Guinée équatoriale, où la gouvernance est opaque et les libertés fondamentales souvent bafouées, ne peut qu’être un frein à une véritable intégration basée sur la confiance, la transparence et le respect mutuel. Comment espérer une libre circulation des personnes et des biens, ou une harmonisation des politiques, lorsque des frontières internes se rigidifient par des mesures arbitraires et des pratiques discriminatoires ?

Les ambitions de la CEMAC et de la CEEAC risquent de rester lettre morte tant que les dirigeants ne s’engageront pas résolument dans des réformes profondes de gouvernance et dans le respect des droits humains. Le sommet de Yaoundé sera-t-il l’occasion d’aborder ces éléphants dans la pièce, ou restera-t-il un exercice diplomatique de plus, sans réel impact sur les dynamiques de pouvoir qui freinent l’intégration africaine ?

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