
Sommet Russie-Afrique : Obiang vend du rêve à Moscou, la réalité saigne à Malabo
À Moscou, Obiang a promis transformation locale, agro-industrie et économie bleue. À Malabo, la rente pétrolière reste entre les mains du clan et la jeunesse attend toujours.
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En quête de légitimité internationale, le patriarche de Malabo s’est offert une tribune au troisième sommet Russie-Afrique à Moscou pour vanter son chimérique plan « Horizon 2035 ». Une rhétorique creuse sur la « souveraineté industrielle » qui contraste cruellement avec la misère quotidienne des Équato-guinéens, saignés à blanc par des décennies de dictature clanique et de pillage institutionnalisé.
Par OLBIF
Il y a des cynismes qui ne trompent plus personne. Tandis que le Kremlin bruissait de discours grandiloquents sur la fin de l’aide au développement et la sacro-sainte « indépendance économique », le dictateur Obiang Nguema Mbasogo s’est illustré à Moscou en grand prônant de la transformation locale et de la diversification. À la tribune, le patriarche a dénoncé l’exportation brute des richesses et brandi son programme « Horizon 2035 », récit idyllique d’une Guinée équatoriale prétendument tournée vers l’agro-industrie, l’économie bleue et les nouvelles technologies.
Mais à qui veut-on faire croire pareille fable ? Dans la réalité de Malabo et de Bata, loin des ors du Kremlin et des paravents de la propagande officielle, le constat est tout autre. Ce régime de corrompus et de népotistes, accroché au pouvoir par la force et l’arbitraire, n’a jamais su transformer la manne pétrolière qu’en privilèges indus pour une poignée de courtisans et de membres du clan familial. Parler de « création de valeur » et de « bien-être social » dans un pays où la jeunesse est condamnée au chômage et à la survie relève de la provocation pure et simple.
En s’affichant aux côtés de Moscou — sur fond de tensions sécuritaires et de drones interceptés dans le ciel muscovite —, le clan au pouvoir cherche désespérément des parrains complaisants pour pérenniser son système d’oppression. Les despotes d’Afrique Centrale, passés maîtres dans l’art de détourner les souffrances de leurs peuples pour en faire des outils de propagande géopolitique, oublient une chose élémentaire : aucune grand-messe internationale ne pourra éternellement masquer la faillite morale et économique d’une dictature à bout de souffle. La véritable souveraineté, les Équato-guinéens l’attendent de pieds fermes : elle commencera le jour où ils pourront enfin se libérer de leurs geôliers.










