Passeports à Houston pour la diaspora équato-guinéenne

Passeports à Houston : quand le régime d’Obiang tente d’acheter une conscience à la diaspora

Passeports à Houston : sous couvert de modernisation consulaire, le régime d’Obiang tente de séduire une diaspora qu’il a poussée à l’exil, tout en renforçant son contrôle politique et administratif sur les Équato-Guinéens établis aux États-Unis.

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Contraint de plier face à la grogne d’une diaspora qu’il a lui-même jetée sur les routes de l’exil, le régime de Malabo installe un service de passeports à Houston. Une opération de communication cousue de fil blanc pour un clan habitué à piller le pays.

Par OLBIF

Les passeports à Houston constituent la nouvelle diversion administrative du régime d’Obiang à destination de la diaspora équato-guinéenne. Sous couvert de prétendue « modernisation consulaire », le consulat général de Guinée équatoriale à Houston, au Texas, vient d’inaugurer une unité de délivrance de passeports. Une délégation du Centre national de délivrance des documents officiels (CNEDOGE), escortée par le directeur général des affaires consulaires Pascual Nsue Eyi Anguesomo, a été dépêchée sur place pour installer le matériel. Objectif affiché : éviter à la diaspora américaine des déplacements aussi longs qu’onéreux vers la capitale.

Mais derrière ce vernis humanitaire se cache mal la fébrilité d’un pouvoir aux abois. Cette mesure fait suite à la visite menée en mai dernier par Teodoro Nguema Obiang Mangue — tristement célèbre pour ses condamnations internationales pour détournements de fonds et ses frasques somptuaires. Face aux doléances légitimes d’une communauté qui a fui la misère et l’asphyxie orchestrées par la dictature, le dauphin dynastique a cru bon de dégainer une solution de façade pour s’acheter une virginité politique à bon compte.

Le piège d’un service public à géométrie variable

Présenter cette initiative comme le pilier d’une « stratégie globale » relève de la pure mystification. Le clan au pouvoir découvre soudainement l’existence de ses citoyens de l’étranger, oubliant un peu vite que ce sont ses décennies de corruption, de népotisme et de mauvaise gestion qui les ont poussés à traverser l’Atlantique.

Certes, épargner des frais de voyage exorbitants à des compatriotes précarisés peut paraître louable. Néanmoins, cette décentralisation express sert aussi les ambitions sécuritaires d’un État policier soucieux de garder la haute main sur ses exilés, tout en renflouant les caisses de l’administration par le biais des taxes consulaires. La bienveillance affichée envers la diaspora cache mal l’obsession permanente du contrôle.

Le clan d’Obiang aura beau multiplier les antennes consulaires aux quatre coins du globe et numériser ses procédures pour faire illusion, aucun équipement biométrique ne pourra jamais effacer le vide démocratique et la faillite morale d’un régime finissant. Les passeports ne remplaceront jamais la liberté.

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