Zone CEMAC : La chute de la demande de liquidités, ou le symptôme d’une économie en soins intensifs

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La désaffection des banques pour le guichet de la BEAC, observée le 2 juin dernier, est loin d’être un simple ajustement technique. Alors qu’aucun pays de la sous-région n’apparaît dans le top 10 des puissances industrielles africaines, ce repli monétaire confirme le diagnostic : nos économies, étouffées par l’austérité et le risque souverain, tournent au ralenti.

Par OLBIF

Le verdict est tombé le 2 juin dernier : sur les 500 milliards de FCFA mis à disposition par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), seules quelques banques ont daigné en réclamer 298 milliards. Un taux de souscription de moins de 60 % qui marque une rupture brutale. Pour les thuriféraires de l’orthodoxie monétaire, c’est une victoire contre l’inflation. Pour l’observateur lucide de nos réalités politiques et économiques, c’est surtout le signe d’une machine grippée.

Le coût du refinancement, maintenu à des niveaux élevés par une institution qui tente désespérément de préserver une stabilité monétaire mise à mal par la mauvaise gestion de nos États, a un prix : la paralysie. Dans nos pays où les gouvernements sont champions de la gabegie et du népotisme, les banques deviennent frileuses. Le risque souverain est devenu si immense que les établissements financiers préfèrent rester prudents plutôt que de prêter à une économie réelle exsangue.

L’absence de toute nation de la CEMAC parmi les leaders de l’industrialisation en Afrique n’est pas le fruit du hasard. C’est la conséquence logique d’une politique qui, au lieu de soutenir l’investissement productif, impose un corset financier étouffant. Quand le crédit devient trop cher et que les banques préfèrent se prêter entre elles plutôt que de financer le développement, c’est toute une région qui condamne ses entreprises et ses projets d’infrastructures au cimetière des ambitions mort-nées.

La stabilité des prix, c’est bien, mais la stabilité dans la pauvreté, c’est le propre des régimes qui s’accrochent au pouvoir tout en regardant leurs peuples s’appauvrir. Pendant que nos voisins transforment leurs matières premières, la zone CEMAC, sous la tutelle de dictateurs obsédés par leur propre survie, s’enfonce dans une atonie industrielle inquiétante. Le « succès » monétaire vanté par la BEAC est, en réalité, le constat d’échec d’un modèle économique à bout de souffle, incapable de générer la croissance nécessaire pour sortir nos peuples de l’ornière.

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