Déchets à Malabo et Bata : la dictature d’Obiang s’offre un énième mirage technologique espagnol

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Face à la faillite écologique des villes de Malabo et Bata, qui croulent sous 800 tonnes de déchets quotidiens, le régime de Teodoro Obiang Nguema tente une nouvelle opération de communication. Mardi, les lieutenants de la dictature ont reçu en pompe l’entreprise espagnole GSR TECNOPROIN. Derrière les promesses de transformation des ordures en énergie se cache une stratégie bien connue de diversion politique et de contrats opaques.

Par OLBIF

C’est le retour du grand cirque de la communication gouvernementale en Guinée équatoriale. Alors que les populations étouffent sous les immondices et les pénuries chroniques, ceux qui se font appeler « ministres » à Malabo croient avoir trouvé la formule magique. Le Bureau d’information et de presse du régime, organe officiel de la propagande d’Obiang, s’est empressé de publier le compte-rendu d’une réunion de salon. Au menu : transformer les déchets urbains en manne énergétique grâce à une technologie ibérique. Une énième illusion pour masquer l’incompétence d’un pouvoir prédateur.

800 tonnes d’incompétence à Malabo et Bata

La réalité des chiffres, que même les services de communication de la dictature ne peuvent plus cacher, est alarmante. Les deux principales agglomérations du pays, Malabo et Bata, génèrent chaque jour environ 800 tonnes de déchets solides urbains. Faute d’infrastructures de base et d’une gouvernance intègre, ces ordures s’accumulent dans des décharges à ciel ouvert, polluant les nappes phréatiques et menaçant gravement la santé publique.

Pour résoudre cette crise majeure, le Premier ministre du clan, Manuel Osa Nsue, s’est entouré mardi de sa garde rapprochée. Les responsables des Travaux publics, de l’Intérieur et de l’Agriculture étaient tous alignés pour écouter les émissaires de la société espagnole GSR TECNOPROIN, conduite par son directeur général, Javier de la Fuente Muñoz.

De la boîte de conserve à la gestion d’un État en ruine

La multinationale espagnole est venue vendre un procédé censé révolutionner le quotidien des Équato-guinéens. Il s’agit d’une technologie dérivée de la stérilisation industrielle, à l’origine utilisée pour les conserves alimentaires, et adaptée aux déchets ménagers. Selon les promoteurs du projet, ce système élimine les odeurs, stoppe la prolifération bactérienne, réduit l’impact visuel et efface l’empreinte carbone en convertissant les résidus en électricité.

Sur le papier, l’initiative se pare de vertus écologiques et sociales. Elle promet des villes propres, une meilleure santé pour les citoyens et la production d’une énergie locale. Mais dans l’Afrique centrale des potentats, les projets environnementaux servent d’abord de paravents. Les flux financiers générés par la valorisation de ces produits finissent invariablement par enrichir les mêmes oligarchies, sans jamais bénéficier au peuple opprimé.

Le recyclage des promesses, spécialité de la sous-région

Cette mise en scène n’étonne plus personne. Comme ses voisins de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), passés maîtres dans l’art d’étouffer la démocratie, le pouvoir de Malabo brille par son incapacité à moderniser le pays malgré la rente pétrolière. Ce prétendu « engagement en faveur de la protection de l’environnement » n’est qu’une façade pour séduire les partenaires internationaux. Tant que la transparence financière fera défaut et que les institutions seront confisquées par une seule famille, les 800 tonnes d’ordures de Malabo et Bata continueront de s’entasser, rappelant chaque jour l’état d’abandon dans lequel est laissé le peuple équato-guinéen.

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