
Affaire des bâtiments ministériels : Le clan Obiang fait les poches de ses propres « complices »
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Alors que les caisses de l’État sonnent creux à force de pillages systématiques, le régime de Malabo feint de découvrir l’ampleur de la corruption qu’il a lui-même instaurée. Entre fraudes fiscales massives et esclavage moderne, les premiers résultats d’une enquête sur l’entretien des bâtiments publics révèlent un gouffre financier de plusieurs milliards. Une mise en scène grossière pour un système aux abois.
Par OLBIF
La comédie humaine continue au Palais du Peuple. Ce 13 mai, dans un décorum dont ils ont le secret, les sbires de la commission mixte ont remis leur rapport d’étape au fils du patriarche, Nguema Obiang . Le constat est sans appel : sur seulement 50 entreprises auditées, une goutte d’eau dans l’océan des 600 sociétés qui gravitent autour de la mangeoire publique, le fisc réclame déjà plus de 2,4 milliards de FCFA d’arriérés.
Le cynisme atteint des sommets. Ces entreprises, qui ont raflé pour plus de 7,4 milliards de contrats publics en 2025, affichent des bénéfices insolents de près de 4 milliards, tout en oubliant de reverser à l’État les cotisations sociales des travailleurs (INSESO) et l’impôt sur le revenu. Dans n’importe quelle démocratie, on appellerait cela un système mafieux. En Guinée équatoriale, c’est le mode de gestion habituel ; on distribue les marchés aux amis du clan, et on ferme les yeux tant que la part du lion revient aux bonnes personnes.
«Sur 931 employés enregistrés, 841 ne disposent ni de contrat, ni de bulletin de paie. L’exploitation humaine comme stratégie commerciale sous le regard complice de Malabo.«
Mais le plus scandaleux reste le volet social. Le rapport met à nu un véritable système d’exploitation , plus de 800 travailleurs sont maintenus dans une précarité totale, sans le moindre document contractuel. Cette fraude au personnel n’est pas un accident ; c’est un mécanisme rodé pour gonfler les factures envoyées au Trésor public tout en privant les citoyens de leurs droits les plus élémentaires. Pendant que les ministres paradent, les ouvriers triment dans l’ombre, sans protection aucune.
Pourquoi ce soudain zèle médiatique ? Ne soyons pas dupes. Ce «grand nettoyage» n’est qu’une opération de communication visant à faire croire à une lutte contre la corruption. En réalité, le régime cherche désespérément de l’argent frais pour maintenir son train de vie fastueux alors que la grogne monte. Comme dans toutes les dictatures d’Afrique Centrale, de Yaoundé à Libreville, la «lutte contre les détournements» n’est qu’un outil de purge politique ou un moyen de racketter les sous-fifres devenus trop gourmands.
Demander aujourd’hui un remboursement «intégral» à des sociétés qui n’existent souvent que par la grâce du pouvoir est une farce. Le document final, attendu la semaine prochaine, ne sera qu’un nouveau chapitre de ce roman national écrit à l’encre de la prédation. La vraie corruption ne se niche pas seulement dans ces entreprises de nettoyage, elle siège au cœur même du Palais de Malabo. Tant que le système ne sera pas assaini à la racine, les milliards continueront de s’évaporer, laissant le peuple guinéen balayer les miettes d’une prospérité confisquée.











