
CEEAC : La nouvelle fable agricole d’un club de dictateurs en mal de légitimité
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Réunis à Libreville, les représentants des régimes d’Afrique centrale ont multiplié les promesses sur la souveraineté rizicole. Derrière les discours technocratiques sur le développement agricole, ce énième sommet de la CEEAC masque mal l’incapacité chronique de ces dirigeants à nourrir leurs peuples, préférant la rhétorique des engagements internationaux aux réformes structurelles nécessaires pour briser le joug de la dépendance et de la misère.
Par OLBIF
Il y a quelque chose de profondément cynique à voir ceux qui ont pillé les ressources de nos nations pendant des décennies se rassembler dans le confort des salles climatisées de Libreville, du 16 au 18 juin dernier. Sous l’égide d’un Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA) qui semble bien lointain pour le paysan équato-guinéen, nos « dirigeants » ont, une fois de plus, feint de s’inquiéter de notre sécurité alimentaire.
L’objectif affiché : réduire la dépendance aux importations de riz. Sur le papier, le plan est séduisant. La stratégie régionale validée prétend transformer nos terres en greniers capables de nourrir une population qui s’appauvrit sous le poids du népotisme et de la mauvaise gouvernance. Ils parlent de « stratégie », de « feuille de route » et d’« alignement sur Kampala ». Des mots, encore des mots, destinés à rassurer les bailleurs de fonds de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), venus valider une mascarade politique que nous connaissons par cœur.
Pourquoi croire en cette énième promesse ? La réalité, que le Palais du Peuple et ses homologues de la sous-région tentent de masquer, est brutale. On ne développe pas une agriculture compétitive là où la corruption asphyxie l’investissement, où le foncier est accaparé par les élites et où l’infrastructure de base est laissée à l’abandon au profit des comptes offshore des caciques du régime. À Malabo, comme ailleurs dans cet espace CEEAC sclérosé, le problème n’est pas le manque de stratégie, mais le manque d’honnêteté de ceux qui tiennent les rênes.
La CEEAC, ce syndicat de présidents à vie et de prédateurs économiques, nous demande aujourd’hui de patienter jusqu’en 2035. Un horizon temporel bien commode pour des dirigeants qui n’ont jamais rendu de comptes. Ils appellent à la « mobilisation des financements », oubliant que l’argent qui devrait fertiliser nos champs finit invariablement dans les poches de leurs affidés.
Tant que ces régimes autocratiques, champions de l’oppression et du détournement, seront aux commandes, la riziculture restera un simple concept de salon. La sécurité alimentaire ne se décrète pas dans des ateliers feutrés ; elle s’obtient par la liberté d’entreprendre, la transparence financière et la fin de l’impunité. Pour nos populations, ce sommet de Libreville n’est qu’un mirage de plus dans un désert politique que seule une véritable alternance démocratique pourra faire reverdir.











