Pipeline China Gezhouba : Un nouveau robinet à devises pour le clan Obiang ?

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Alors que le peuple de Bioko et du Rio Muni continue de s’abreuver à la source de la précarité, le régime de Malabo rejoue sa pièce de théâtre favorite : celle du développement de façade. Entre les dorures du Palais et les promesses de tuyauteries chinoises, la réalité d’un accès à l’eau reste une chimère pour les citoyens, servant de prétexte à un nouveau ballet financier opaque.

Par OLBIF

Ce jeudi 26 mars 2026, dans l’enceinte feutrée du Palais présidentiel de Malabo, une réunion s’est tenue sous l’égide du « vice-président » Teodoro Nguema Obiang Mangue, plus connu pour ses frasques luxueuses que pour son expertise en hydraulique. Selon le Bureau d’Information et de Presse de la Guinée Équatoriale (source officielle du régime), l’ordre du jour portait sur l’avancement du projet de pipeline d’eau potable avec le géant chinois China Gezhouba.

Derrière le jargon technique et les annonces de « contrôle rigoureux », ce projet, inscrit dans le fameux Plan national de développement Horizon 2035, ressemble à une énième pompe à finances pour les cercles du pouvoir. Le vice-président, dont la légitimité repose sur son nom et non sur ses compétences, a exigé un « calendrier clair et détaillé » ainsi qu’une vérification technique sur site par les entreprises de supervision.

Le journal officiel de la présidence rapporte que Nguema Obiang Mangue a insisté : « Aucune certification ne sera approuvée ni payée sans un rapport technique complet indiquant précisément les volumes réalisés… et l’étendue réelle des travaux. »

Une déclaration qui fait sourire amèrement à Malabo : comme le dit un proverbe de chez nous, « On ne demande pas à l’aveugle s’il voit, on lui demande s’il sent la chaleur du soleil. » Le peuple, lui, ne voit toujours pas l’eau, mais il sent passer la chaleur des détournements de fonds publics.

Une opacité drapée de rigueur

L’implication de GE-Proyectos et d’entreprises comme Gaeco dans la supervision ne rassure personne. Dans une véritable démocratie, ces institutions serviraient de garde-fous. Ici, elles ne sont que les instruments d’une bureaucratie au service d’un homme. En sociologie politique, on appelle cela le néopatrimonialisme : l’État est la propriété privée d’une famille. Max Weber nous rappelait déjà que dans ce type de régime, l’autorité n’est pas exercée pour le bien commun, mais pour le prestige du chef.
Le projet prévoit l’installation de réseaux et de stations de traitement, d’abord sur l’île de Bioko. Mais à quel prix ? Le Bureau d’Information et de Presse affirme que : « Les paiements seraient effectués progressivement, en fonction de l’avancement réel… afin de prévenir les dépassements de coûts. »

Cette soudaine « rigueur » budgétaire de la part d’un régime champion de l’enrichissement illicite est une insulte à l’intelligence des Équato-guinéens. On ne nettoie pas une plaie avec de l’eau sale. Les infrastructures de base manquent cruellement alors que le pays affiche l’un des PIB par habitant les plus élevés d’Afrique centrale. C’est la preuve éclatante de la mal-gouvernance qui gangrène notre sous-région, du Gabon au Cameroun.

L’eau potable ne devrait pas être une promesse de campagne permanente pour l’an 2035, mais une réalité pour 2026. Tant que Malabo restera une citadelle de l’impunité, ces pipelines ne transporteront que de l’illusion. Comme l’écrivait Machiavel, « Celui qui devient prince par la faveur du peuple doit le maintenir en amitié ». Le clan Obiang a choisi de mépriser le peuple ; tôt ou tard, le robinet de la patience populaire finira, lui aussi, par déborder.

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