Sipopo : Le festin des prédateurs financiers de la CEMAC sur le dos des peuples

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Pendant que les populations de la zone CEMAC croulent sous l’inflation et la précarité, les commis du régime de Malabo et leurs homologues de la sous-région se pavanent à Sipopo. Du 9 au 11 mars 2026, cette 15e session ordinaire du Cadre permanent de coordination des trésoreries publiques prétend « moderniser » le marché de la dette. En réalité, il s’agit de raffiner les mécanismes d’endettement pour maintenir à flot des gouvernances népotistes.

Par OLBIF

Le luxe insolent de Sipopo, cité balnéaire construite avec la sueur du peuple équato-guinéen, sert de décor à une énième comédie financière. Depuis lundi dernier, les « experts » de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) et les délégations des six États membres s’activent pour, officiellement, rendre le marché de la dette « plus efficace et moins risqué ». Mais pour qui le risque est-il réduit ? Certainement pas pour le citoyen lambda qui ne voit jamais la couleur de ces emprunts.

Quatorze ans d’endettement, zéro développement

Cette session, orchestrée par la Cellule de règlement et de conservation des titres (CRCT), dresse le bilan de quatorze années de fonctionnement du marché des titres du Trésor de la CEMAC. De novembre 2011 à novembre 2025, la machine à cash a tourné à plein régime. Selon la source officielle, il s’agit d’évaluer ces années de pratique afin « d’identifier les tendances, les défis et les opportunités de croissance ».

En science politique, le concept de « l’État prédateur » s’applique parfaitement ici. Les chiffres de la dette explosent, mais les écoles tombent en ruines. Comme le dit un proverbe de chez nous , « On ne peut pas cacher la fumée quand la forêt brûle ». La forêt, c’est notre économie sous-régionale ; la fumée, ce sont ces réunions pompeuses qui ne servent qu’à huiler les rouages de l’enrichissement illicite.

La rhétorique du vide

Le jargon utilisé par les participants à cette session est une insulte à l’intelligence. On nous parle d’« échange d’expériences » et de « bonnes pratiques ». La source indique que les délégations du Cameroun, du Gabon, du Tchad, de la RCA, du Congo et de la Guinée équatoriale (représentée par son ministre des Finances, simple exécutant des volontés d’Obiang) cherchent à , « améliorer l’efficacité, la transparence et la durabilité des politiques financières des pays membres. »

Parler de « transparence » à Sipopo, c’est comme prêcher la vertu dans un lupanar. Où est la transparence quand les budgets sont gérés comme des comptes de famille par le clan de Malabo ? On nous annonce également l’introduction de nouveaux mécanismes comme « l’indication nationale », présentée comme une solution pour des émissions « en plus grand volume de manière plus efficace ». En clair , on veut emprunter plus, plus vite, pour financer un train de vie étatique qui ignore la misère populaire.

Un marché des titres au service des régimes, pas des nations

L’objectif inavoué de cette 15e session est de « diversifier les types d’investisseurs ». Pourquoi ? Parce que les banques locales sont saturées de titres publics de régimes dont la signature devient douteuse à force de mal-gouvernance. Le marché financier régional, que ces messieurs prétendent renforcer, n’est qu’un respirateur artificiel pour des économies asphyxiées par le népotisme.

Max Weber définissait l’État par le monopole de la violence légitime. En Afrique centrale, nos régimes y ont ajouté le monopole du pillage légitimé par des sommets techniques. Le rythme des réunions de la BEAC à Sipopo s’accélère alors que le pouvoir d’achat s’effondre. Le peuple voit ces délégations passer dans de grosses cylindrées, tandis qu’il cherche de quoi manger.

Le réveil sera brutal

Cette session de coordination n’est qu’un vernis technique sur une réalité brutale. On « analyse le fonctionnement du marché » pour mieux le traire. Les citations lisses rapportées par les médias proches du pouvoir ne masquent plus l’odeur du naufrage. « Quand le berger est un loup, les moutons n’ont pas de sommeil », disent les anciens.

Les résolutions qui sortiront de Sipopo ce 11 mars 2026 ne changeront rien au quotidien des Équato-guinéens ou des autres citoyens de la CEMAC. Elles permettront juste aux régimes en place de tenir quelques mois de plus grâce à de nouveaux mécanismes de dette. Mais attention, la dette que vous contractez aujourd’hui pour vos privilèges est une chaîne que vous passez au cou de nos enfants. Et un jour, les chaînes finissent par se briser.

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