Guinée Équatoriale : Quand le fils du Dictateur orchestre la ‘transparence’ pour les ports

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Le Bureau de presse et d’information de la Guinée équatoriale, instrument de propagande du régime, a tenté de nous vendre une nouvelle fable de «bonne gouvernance» ce 27 juillet 2025. L’annonce a de quoi faire sourire jaune tous ceux qui observent la triste réalité d’un pays asphyxié par le népotisme et la corruption : le comité de travail, sous la houlette du Vice-Président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue – plus connu sous le nom de Teodorin, le fils du dictateur et l’incarnation même de l’enrichissement illicite –, a « retenu trois des 17 candidats » pour le poste de directeur général adjoint de la coentreprise Alport GE. Une initiative qui, sur le papier, se veut un gage de «transparence» et de «méritocratie». La réalité, elle, est toute autre.

Par OLBIF

Le communiqué officiel, d’une audace certaine, nous apprend que ces trois «élus» seront interviewés au cours de cette semaine qui commence, « au bureau du chef de l’État », afin de « connaître leur expérience et évaluer s’ils répondent aux attentes du gouvernement pour le poste ». Une mise en scène grotesque dans un pays où les « attentes du gouvernement » se résument trop souvent à la loyauté aveugle et à la capacité à servir les intérêts d’un clan, plutôt qu’à une véritable compétence au service de la nation. La réunion tenue ce vendredi 25 juillet au Palais du Peuple à Malabo, sous l’œil vigilant de Nguema Obiang Mangue, n’est qu’un nouvel épisode de cette mascarade.

Le Vice-Président, dont le train de vie fastueux et les démêlés judiciaires internationaux pour blanchiment d’argent sont de notoriété publique – à l’image des scandales dits « des biens mal acquis » qui éclaboussent régulièrement la famille présidentielle –, a osé insister sur la « nécessité de recruter du personnel formé et expérimenté » pour « moderniser et optimiser la gestion de ses ports afin de les rendre rentables ». Cette exigence, martelée pour les besoins de la communication, sonne creux quand l’élite dirigeante s’est elle-même enrichie en siphonnant les ressources publiques et en plaçant des incompétents aux postes clés, uniquement sur la base de liens de parenté ou d’allégeance servile.

L’arrêté ministériel du 30 juin annonçant ce poste de responsabilité à la direction générale adjointe d’Alport GE était déjà un signal d’alarme. Et la suite ne dément pas nos craintes : Nguema Obiang Mangue a affirmé que les personnes choisies doivent passer par un « processus de sélection rigoureux qui démontre les capacités de celles retenues, afin d’éviter le favoritisme et les fuites dans un poste aussi stratégique ». « Éviter le favoritisme » ? Dans le pays du népotisme roi, où les postes à responsabilités se transmettent de père en fils, de membre de la famille en fidèle du parti, cette assertion relève de l’insulte à l’intelligence populaire. Quant aux «fuites» redoutées dans ce poste stratégique, on peut légitimement se demander si le régime craint une mauvaise gestion nuisible au peuple, ou plutôt les fuites d’informations qui exposeraient l’ampleur des détournements et des malversations.

Le point d’orgue de cette pantalonnade sera l'»entretien public» que passeront les trois candidats retenus cette semaine. Une scène savamment orchestrée, sans doute filmée et diffusée par les médias d’État, pour tenter de légitimer un processus dont l’issue est probablement déjà scellée. Devant un « comité » trié sur le volet, chaque candidat présentera son « avis », mais la « décision » finale ne relèvera que de la volonté d’un seul clan, celui qui détient le pouvoir sans partage depuis des décennies, au mépris des souffrances d’un peuple plongé dans la misère malgré les immenses richesses pétrolières du pays.

L’objectif de « rendre les ports rentables » ne trompe personne. La question n’est pas la rentabilité en soi, mais « rentable pour qui ? » Pour les caisses de l’État qui devraient servir l’éducation, la santé et les infrastructures de base ? Ou pour les comptes bancaires offshore des dirigeants, à l’instar des milliards déjà dilapidés ? Ce « processus rigoureux » pour Alport GE n’est qu’une façade de plus derrière laquelle le régime de Malabo continue d’opérer ses manœuvres d’accaparement des richesses nationales, sous le nez d’une population qui n’aspire qu’à une gouvernance honnête et juste.

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