
58 ans d’indépendance en Guinée Équatoriale : Obiang offre du mépris et des mirages à un peuple affamé
Pour les 58 ans de l’indépendance, Obiang a vanté sa capitale fantôme La Paz et insulté la jeunesse connectée. La liberté confisquée hier par le colon l’est aujourd’hui par la dynastie.
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Pour le 58ᵉ anniversaire de l’indépendance, Teodoro Obiang Nguema s’est une nouvelle fois adressé aux Équatoguineens. Entre autocélébration indécente, fixation absurde sur sa nouvelle capitale La Paz et attaques venimeuses contre la jeunesse et la diaspora, le despote de Malabo tente de masquer l’agonie d’un régime corrompu. Mais la réalité saute aux yeux, la liberté confisquée par le colonialisme d’hier a simplement été confisquée par la dynastie d’aujourd’hui.
Par OLBIF
Ici l’exercice est bien connu, mais l’impudence reste intacte. À l’occasion du 12 octobre, Teodoro Obiang Nguema a ressorti le grand jeu de la propagande usée. Prétendre célébrer la souveraineté et le « bien-être » du peuple équatoguineen relève d’une ironie féroce. De quelle liberté parle donc celui qui verrouille le pays d’une main de fer depuis près de cinq décennies ?
En évoquant la fin du joug colonial espagnol de 1968, le chef du clan de Malabo feint d’oublier qu’il a remplacé une domination étrangère par une tyrannie domestique. Aujourd’hui, les richesses pétrolières du pays ne servent qu’à entretenir la boulimie financière d’une poignée de privilégiés et à bâtir des palais clinquants. L’exemple le plus frappant reste cette obsession pour La Paz, propulsée au rang de nouvelle capitale. Érigée au milieu de nulle part à coups de milliards confisqués au peuple, cette cité fantôme est présentée comme le symbole du « progrès ». En réalité, elle ne sert qu’à éloigner un pouvoir paranoïaque de la colère légitime des citoyens.
Des promesses creuses et une jeunesse prise pour cible
Le discours frôle le ridicule lorsque le régime ose vanter une « assurance maladie universelle » et des projets sociaux mirages. Sur le terrain, la population souffre de la misère, de l’absence d’infrastructures de santé dignes et de la cherté de la vie. Pendant que le gouvernement inaugure des façades vides, les hôpitaux manquent de tout et la majorité des citoyens survit sans eau potable ni électricité stable.
Plus révélateur encore est le venin déversé sur la jeunesse équatoguineenne. Sentant le vent du boulet et la contestation monter, Obiang somme les jeunes de faire preuve de « patience », tout en qualifiant de « parasites nuisibles » ceux qui osent s’exprimer sur les réseaux sociaux. Cette hargne envers la diaspora et la jeunesse connectée traduit la peur panique d’un régime aux abois face à une génération qui refuse de subir en silence le népotisme et la gabegie ambiante.
En désignant ses opposants et la société civile comme des ennemis, Malabo confirme ce que nous savons tous, notamment que ce gouvernement ne travaille pas pour ses citoyens, mais pour sa propre survie. La véritable indépendance de la Guinée Équatoriale reste à conquérir. Elle ne viendra pas des discours mielleux d’un autocrate déconnecté, mais du réveil d’un peuple bien décidé à reprendre son destin en main et à balayer des décennies d’oppression.












